Denis Beaumont/Archives Métro L'Hôtel de Ville de Montréal

La rémunération globale d’un employé de la Ville de Montréal de 23 000$ plus élevée que la moyenne des dix plus grandes villes du Québec, selon la nouvelle version du Palmarès des municipalités du Québec de HEC Montréal, publiée mardi, qui se base sur des données gouvernementales datant de 2013. Pas étonnant que la ville figure au 691e rang des 757 municipalités, pour les coûts de ses services municipaux. Comme l’administration municipale évite les comparaisons avec les autres villes, voici une analyse de l’évolution des données montréalaise colligées par HEC depuis 2009.

Les plus problématiques
Les coûts d’administration générale ont augmenté six fois plus rapidement que l’inflation entre 2009 et 2013. «Ce n’est pas rien, car c’est presque 20% du budget de la Ville et ça ne représente même pas des services directs aux citoyens», note Robert Gagné, directeur du Centre sur la productivité et la prospérité (CPP) de HEC Montréal qui suggère notamment de regarder du côté de l’informatique. Notons que les efforts de rationalisation du maire Coderre se feront sentir dans le prochain rapport annuel qui prendra en compte des données de 2014.

Le coût du déneigement (34 083$ par km) a quant à lui augmenté de 7,3% par an depuis 2009, laissant croire que les risques de collusion entre fournisseurs évoqués par le vérificateur général sont bien réels. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et ses 6100 employés continuent de gruger une part importante du budget et même plus que la culture (343$/habitant c. 315$/habitant pour la culture), et ce, même si les infractions au Code criminel ont baissé de 25% depuis 2009.

Les bons coups
La Ville continue d’offrir de bons résultats de gestion dans les domaines de la fabrication d’eau potable et la gestion des eaux usées. Mais selon l’élu Sylvain Ouellet, elle pourrait faire encore mieux en éliminant une ou deux de ses six usines de production d’eau potable (Lachine et Dorval), car la Ville n’utilise que 62% de sa capacité de production depuis 2009, note-t-il.

La Ville fait aussi bonne figure au chapitre du taux d’endettement à long terme qui se reflète d’ailleurs dans sa cote de crédit favorable. M. Gagné émet toutefois l’hypothèse que l’enquête publique dans le milieu de la construction a pu provoquer un ralentissement des investissements contribuant ainsi indirectement à ces bons résultats. La Ville arrive aussi à contrôler le coût du ramassage des matières résiduelles qui est demeuré relativement stable depuis 2009.

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) qualifie l’étude «d’intellectuellement malhonnête». Selon Marc Ranger, directeur adjoint du SCFP-Québec, «il s’agit d’un exercice politique subventionné par l’État et qui apparaît à un moment opportun pour tenter d’alimenter la propagande et la charge contre les employés du secteur municipal. La compilation des données du HEC n’est pas une étude en soi, mais un comparatif boiteux de tableaux provenant de documents publics. Les informations financières sur la rémunération ne sont pas auditées».

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