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MONTRÉAL – La Direction de la santé publique de Montréal, qui a présenté un projet de centres d’injection supervisée, croit que celui-ci passera le test du gouvernement fédéral, même après la sanction, lundi, de la nouvelle loi fédérale resserrant les règles en la matière.

Cette nouvelle «Loi sur le respect des collectivités» resserre les critères auxquels il faut répondre pour obtenir une exemption à la Loi réglementant certaines drogues, afin de pouvoir établir des services d’injection supervisée.

Elle exige notamment que les promoteurs d’un projet sollicitent l’opinion des services de police locaux, des dirigeants municipaux, des responsables de la santé publique et des ministres provinciaux de la Santé. Elle exige également que soient consultés les citoyens du voisinage.

Le projet montréalais prévoit l’implantation de trois services d’injection supervisée fixes et d’une unité mobile. Il a déjà reçu l’aval du maire de Montréal, Denis Coderre, des autorités de la Santé publique et du gouvernement du Québec.

Au cours d’une entrevue, mardi, le Directeur de la santé publique de Montréal, le docteur Richard Massé, a assuré que la demande d’exemption déjà déposée auprès de Santé Canada correspondait aux critères énoncés dans la loi fédérale sanctionnée lundi.

«Si quelqu’un nous dit qu’on n’a pas fait nos devoirs, c’est peut-être parce qu’ils n’ont pas tout à fait toute l’information. Toutes ces choses sont écrites dans la demande d’exemption. Je ne pense pas que le gouvernement du Québec, le ministre de la Santé, la ministre de la Santé publique, la ministre de la Sécurité publique, le ministre de la Justice du Québec auraient autorisé un projet comme celui-là à Montréal sans avoir porté une attention très délicate à ce qu’on fait et à tous les critères», s’est exclamé le docteur Massé.

De plus, il rapporte avoir collaboré avec le Service de police de la ville de Montréal. «On a fait un travail étroit avec le SPVM et on a développé avec eux des indicateurs qui nous permettent de connaître la criminalité actuelle et d’être capable de la suivre dans le temps. Et on a la preuve dans la littérature qu’il n’y a pas d’augmentation de la criminalité autour des sites d’injection», a plaidé le docteur Massé.

Lorsqu’elle avait pris connaissance du projet montréalais, la ministre fédérale de la Santé, Rona Ambrose, avait critiqué le fait de projeter d’ouvrir de tels centres «sans consultation publique».

Or, le docteur Massé assure que cette consultation a bel et bien été menée. «On a travaillé avec les commerçants et avec les tables de citoyens pour qu’ils comprennent bien le projet. Quand les gens réalisent qu’ailleurs (dans d’autres villes qui hébergent de tels centres), on a moins de seringues à la traîne, qu’on a moins de gens qui s’injectent dans les lieux publics, qu’on a moins de surdoses, à ce moment-là les gens voient que c’est un service qui est pertinent», explique-t-il.

De son côté, la ministre Ambrose s’est félicitée lundi de cette nouvelle loi, affirmant qu’elle établira des «critères rigoureux qui doivent être respectés», en plus d’assurer clarté et transparence, grâce aux consultations qu’elle exige.

Lors de l’annonce du dépôt de la demande d’exemption à la Loi réglementant certaines drogues, le 4 juin dernier, les responsables du projet avaient fait savoir que le gouvernement du Québec s’était engagé à verser une somme de 2,6 millions $ annuellement pour le projet.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, était présent à la conférence de presse et avait appuyé le projet avec enthousiasme et empressement, même. Il avait prévenu qu’il n’attendrait pas éternellement la réponse d’Ottawa, une fois la demande d’exemption déposée. Il était prêt à voir ces centres ouvrir dès l’automne prochain à Montréal.

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