La Ville de Montréal cache depuis plus de 20 ans l’existence d’un dépotoir dans une ancienne carrière d’argile sous le parc Baldwin, indique un rapport obtenu par Métro en vertu de la Loi d’accès à l’information.

Ce rapport interne déposé en 1994 vient confirmer l’existence du dépotoir, révélée en octobre par Métro à la suite d’une importante recherche historique dans les archives de la Ville.

Au moment de déposer ce rapport, la Ville, qui effectuait un vaste programme de repérage d’anciens dépotoirs sur son territoire, se montrait frileuse à ce que cette information soit rendue publique, puisqu’elle «contient des éléments particulièrement délicats comme le fait de révéler une situation potentiellement dangereuse aux résidants, le fait que la divulgation d’une telle information puisse entraîner une baisse de valeur des immeubles qui serait très préjudiciable aux propriétaires, ainsi que la responsabilité de la Ville vis à vis cette situation.»

Des sondages tout autour du parc Baldwin et dans le quartier avoisinant avaient décelé la présence de biogaz dans des concentrations au dessus de la limite inférieure d’explosivité.

En tout, une soixantaine d’anciens dépotoirs ont été répertoriés sur le territoire de la Ville. Deux, ceux du parc Baldwin et du parc Père-Marquette, se montraient particulièrement problématiques, en raison d’une forte présence de biogaz. À cela se sont ajoutés cinq autres parcs que la Ville voulait surveiller de plus près, dont le parc Maisonneuve, le parc Félix-Leclerc et le terrain de l’Hôpital Louis-Hippolyte Lafontaine, entre autres.

Selon le document remis à Métro, des sondages effectués par la Ville pour détecter des biogaz autour du parc Baldwin ont permis de constater que «l’étendue de l’ancien dépotoir englobe une partie des zones résidentielles situées à l’ouest de la rue Fullum et au sud de la rue Sherbrooke.»

Le rapport indique que les limites précises de l’ancien dépotoir ne sont pas connues et recommande que la Ville procède à des forages pour le déterminer.

On indique que le dépotoir en question a été exploité de 1907 à 1924, et que l’épaisseur de la couche de déchets sous le sol atteint entre 3m et 10m.

Ancienne excavation (Briqueterie)
Un danger?
Lors d’une rencontre avec les services techniques de la Ville au moment de remettre les documents à Métro, on a indiqué qu’on reconnaissait que le document en question comportait des éléments «problématiques», mais on a assuré que l’émission des biogaz par les anciens dépotoirs comporte un risque de faible à nul.

On a expliqué que le rejet de biogaz diminue de façon exponentielle avec le temps, et que le danger d’explosion est inexistant, puisque c’est le débit de rejet du méthane, et non sa concentration, qui pose un risque. Dans tous les cas, le débit n’est pas assez important pour poser un risque d’explosion.

De plus, on a expliqué à Métro que la Ville procède depuis 2015 à des tests sur les sites d’anciens dépotoirs. À ce jour, aucuns biogaz n’ont été détectés en surface, a-t-on assuré.

En ce qui a trait au parc Baldwin, le fait que les déchets ont été incinérés diminue encore plus le risque d’émission de biogaz, a-t-on fait savoir.

Des suites à donner
Dans le document de 1994, le service des travaux publics recommande que la Ville mette en place toute une panoplie de solutions pour mieux connaître l’étendue du problème des biogaz émis par les anciens dépotoirs et contrôler l’émission de ces gaz.

On recommande de porter une attention particulière aux dépotoirs du parc Baldwin et du parc Père-Marquette, dont mener des forages pour mieux évaluer l’étendue des dépotoirs, surtout sous le bâti résidentiel.

«Les services techniques ont indiqué à Métro que la Ville n’avait pas encore mené à bien toutes les recommandations du rapport.»

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