Métro La Communauté métropolitaine de Montréal a annoncé qu'elle s'opposait au projet Énergie-Est.

Denis Coderre s’oppose au méga projet de pipeline Énergie Est de l’entreprise TransCanada. Le maire de Montréal et président de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) en a fait l’annonce jeudi.

Cette position a été prise à la suite d’une vaste consultation publique menée au sein de 82 municipalités que compte la CMM l’automne dernier.

«Le projet Énergie Est comporte trop de risques par rapport aux retombées économiques qu’il permettrait», a-t-il déclaré. Même si le projet de TransCanada prévoit des retombées fiscales de 2G$ sur 29 ans et la création de 3 168 emplois durant la phase de construction, le maire Coderre a souligné qu’un déversement majeur entrainerait des coûts de décontamination pouvant aller jusqu’à 10G$. Il a aussi souligné que le projet mettait les prises d’eau potable de la métropole à risque et que l’entreprise albertaine n’avait toujours pas déposé de plan d’intervention d’urgence suffisamment précis.

«Le projet Énergie Est n’obtient pas la note de passage en matière économique, sociale, environnementale et en terme de sécurité publique.» -Denis Coderre

Plusieurs représentants de groupes écologistes étaient présents sur place pour l’annonce de M. Coderre. «C’est une très bonne nouvelle. On voyait bien lors des consultations que la population est contre le projet [92% des quelque 200 mémoires et présentations faites lors des 8 séances de consultation étaient opposés au mémoire]», a déclaré Steven Guilbeault, porte-parole d’Équiterre qui souligne que cela contribuera à ralentir les projets d’exploitation.

Par voie de communiqué TransCanada a indiqué qu’elle continuerait à «écouter les élus et autres parties prenantes partout au Québec, puisque nous prenons leurs préoccupations au sérieux».

L’entreprise a ajouté que «les pipelines demeurent le moyen le plus sécuritaire de transporter du pétrole. […] Il est évident que les gens ont des préoccupations au sujet de la sécurité du pipeline et de la protection de l’environnement. Au cours des deux dernières années, nous avons apporté près de 700 de modifications au tracé proposé, ainsi que des changements dans les emplacements des stations de pompage et les franchissements de cours d’eau, en accord avec les réactions des parties prenantes.

TransCanada conclut que «le pipeline serait surveillé jour et nuit, sept jours sur sept. Si une fuite se produisait, l’ensemble du système pourrait être interrompu à distance en quelques minutes, stoppant ainsi la circulation du pétrole.»

Questionnée sur les négociations avec TransCanada en vue des possibles modifications au tracé du pipeline dans l’est de l’île, la mairesse de l’arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau a été catégorique: «Nous n’avons pas d’intérêt à poursuivre dans ce sens. Ces négociations n’auront plus lieu en ce qui nous concerne. La seule façon que TransCanada pourrait me faire changer d’avis, serait d’être plus transparent. Jusqu’à maintenant nous avons eu très peu d’information au sujet de ce pipeline.»

Selon l’Association des manufacturiers et exportateurs du Québec, «il est inexact de prétendre que le Québec assumera tous les risques sans retirer de bénéfices». En plus des emplois créés et des retombées fiscales, le projet permettrait de maintenir au Québec des milliers d’emplois dans l’industrie pétrochimique tout en renforçant l’économie canadienne.

Une position partagée par l’Association industrielle de l’est de Montréal (AIEM). «Nous pouvons comprendre qu’il y ait des craintes, mais nous sommes confiants que TransCanada trouvera un moyen de rassurer les populations locales et de s’asseoir avec elles afin de diminuer les risques associés à ce projet, affirme Dimitri Tsingakis, directeur de l’AIEM. La construction de ce pipeline créé un climat propice aux investissements en plus de permettre à nos raffineries de s’approvisionner en pétrole canadien plus économique que celui en provenance d’autres pays.»

La position de la CMM sera présentée au cours des consultations futures aux échelons provincial (BAPE) et fédéral, devant l’Office national de l’énergie qui aura le dernier mot face à ce projet de pipeline qui permettrait de transporter 1,1 million de barils par jour entre l’ouest et l’est canadien.

Le porte-parole de Greenpeace Canada, Patrick Bonin, espère que le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sera mandaté rapidement par le gouvernement du Québec et qu’il étudiera l’impact du projet Énergie Est sur la production de sables bitumineux et donc l’émission de gaz à effet de serre, tel que recommandé par la CMM. Si la position de cette dernière n’est que consultative, M. Bonin souligne que le premier ministre Justin Trudeau a souvent rappelé que la population aurait voix au chapitre dans ce dossier.

Lire le rapport de la CMM ici

Pourquoi Coderre a-t-il dit oui à Enbridge et non à TransCanada?

Dans le cas de l’inversion du flux dans la ligne 9B d’Enbridge, il s’agit d’un pipeline existant, a souligné le maire Coderre. Il a rajouté qu’Enbridge s’était montrée beaucoup plus coopérante alors que TransCanada avait refusé d’être présent à la consultation. Finalement, le projet d’Enbridge permet de ravitailler les raffineries de Montréal et de Lévis, alors que le projet de TransCanada vise essentiellement à acheminer du pétrole vers le Nouveau-Brunswick en vue de l’exporter.

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Avec Samantha Velandia

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