Chantal Levesque/Métro Le square Viger a été fermé au public à la fin mai afin d'entreprendre les travaux de réaménagement des lieux au coût de 28M$.

Avec la fermeture, au cours des derniers jours, du square Viger pour des travaux de réaménagement, le sort des itinérants qui le fréquentaient est-il inquiétant? Oui, croit Bernard St-Jacques, du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM).

«On est à la croisée des chemins. On ne sait pas quel genre d’été on va vivre», dit-il en entrevue avec Métro.

M. St-Jacques est pleinement conscient du travail de sensibilisation qui avait été fait par les organismes communautaires mandatés par la Ville il y a plusieurs mois afin de prévenir les itinérants de la fermeture du square dès le mois de mai et de les diriger vers des ressources.

«Mais à mesure que l’été va avancer, il y a des gens qui vont se chercher un “lieu de tolérance” comme le square Viger, et ce sera difficile», s’inquiète-t-il.

C’est que le square Viger est réputé pour être une zone particulière de tolérance à Mont­réal pour les itinérants. À la mi-août, plusieurs personnes en situation d’itinérance se retrouvaient au square Viger après avoir tenté, sans succès, de se trouver un autre lieu pour s’installer pendant l’été, soutient M. St-Jacques.

«Ce n’est pas leur premier choix, parce que ce n’est pas si sécuritaire, et la dynamique entre les gangs n’est pas toujours agréable, mais il n’y avait pas d’autres lieux aussi tolérants à Montréal», explique-t-il.

«À Montréal, il n’y a pas d’équivalent du square Viger pour les personnes dans la rue.» –Bernard St-Jacques, du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal

L’organisateur communautaire se demande maintenant ce qu’il adviendra à cette période si le square Viger n’est plus disponible.

«Si [la Ville] veut se réapproprier un lieu qu’elle avait laissé à une population, qu’est-ce qu’on offre à ceux qui s’y étaient installés?» demande M. St-Jacques.

Ce dernier reconnaît que la Ville de Montréal agit bien en voulant offrir des options de logement à long terme aux itinérants, «mais il ne faut pas se leurrer, ce n’est pas tout le monde qui va choisir ces options, certains vont rester dans la rue, ajoute-t-il. Et eux, ils n’ont pas trop d’options.»

Surtout qu’avec la revitalisation de lieux comme le parc Émilie-Gamelin et le square Cabot, le message lancé aux itinérants semble être qu’«il ne faut pas qu’ils prennent l’habitude de fréquenter ces lieux», soutient M. St-Jacques.

«Donc, l’endroit où ils pouvaient rester plus longtemps, c’est le square Viger, et on ne l’aura pas cette année», dit-il. Il souhaite que la Ville crée des «zones de tolérance au moins temporaires» pour compenser la fermeture du square Viger.

Du côté du poste de quartier 21 du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), l’inspecteur Vincent Richer soutient que la fermeture a été faite en collaboration avec les organismes communautaires et que les cinq ou six itinérants qui étaient toujours au square lors de sa fermeture ont été «pris en charge».

«Je ne suis pas inquiet pour eux, indique quant à lui le directeur de l’Accueil Bonneau, Aubin Boudreau. Les itinérants connaissent très bien les ressources et les endroits où aller se loger quand ça ne fonctionne pas à un certain endroit. Et il y a une entente entre le SPVM et l’Accueil Bonneau : avant de faire une intervention dans le secteur du square auprès d’itinérants, le SPVM nous laisse leur parler pour les diriger vers des ressources», indique-t-il.

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