Plusieurs regroupements de femmes ont signifié jeudi leur ras-le-bol d’attendre la présentation d’une nouvelle Stratégie gouvernementale pour prévenir et contrer les violences sexuelles, qu’ils attendaient au printemps.

Le Plan d’action gouvernemental 2008-2013 en matière d’agression sexuelle a été prolongé jusqu’à l’adoption d’une nouvelle stratégie, pour laquelle des consultations ont été menées en 2015 et 2016. Mais il y a urgence d’agir, estiment la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) et le Regroupement des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS).

Ces groupes jugent notamment que les femmes handicapées, sourdes, immigrantes, autochtones et lesbiennes sont laissées pour compte dans le plan précédent. Il est, selon eux, nécessaire de donner des ressources aux organismes qui leur viennent en aide.

«On a des témoignages de femmes handicapées qui ont vécu des situations de violence et d’agression, et qui ont longtemps gardé le silence, a exposé Selma Kouidri, coordonnatrice d’inclusion du Réseau d’action des femmes handicapées du Canada. Beaucoup ont peur des représailles, car l’agresseur peut être un membre de la famille, un employé d’un centre d’hébergement, un chauffeur de taxi.» Mme Kouidri réclame également que les policiers soient mieux formés pour intervenir auprès des personnes en situation de handicap.

«On se demande où ça bloque. Après toutes ces consultations et ces recherches, le gouvernement a toute l’information nécessaire pour rédiger cette politique et il est vraiment temps d’agir.» – Éliane Legault-Roy, responsable des communications à la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle

«Ça prend un budget pour que l’information sur les situations de violence, les processus de dénonciation et les ressources d’aide soient disponibles en langue des signes», a pour sa part revendiqué Marie-Hélène Couture, coordonnatrice à la Maison des femmes sourdes de Montréal, qui a aussi recensé des cas de femmes sourdes n’ayant pas dénoncé leurs agressions par manque de ressources.

Éliane Legault-Roy, responsable des communications à la CLES, réclame pour sa part des ressources pour que les corps policiers appliquent la loi fédérale qui interdit l’achat de services sexuels et le proxénétisme. «Notre organisme n’a aucun soutien financier récurrent, alors qu’on est l’un des rares organismes qui soutiennent les femmes qui souhaitent sortir de la prostitution», a-t-elle aussi déploré.

Karl W. Sasseville, l’attaché de presse de Lise Thériault, la ministre responsable de la Condition féminine, a affirmé par courriel que les travaux se poursuivaient en vue du lancement très prochain de la stratégie. «En attendant le dépôt officiel de la nouvelle stratégie, notre gouvernement, tous ministères et organismes confondus, appuie de nombreuses mesures visant à prévenir et contrer les violences sexuelles et cela, à hauteur de 157M$ sur cinq ans, de 2016 à 2021», a aussi souligné M. Sasseville.

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