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MONTRÉAL — L’entente de principe qui avait été conclue chez Postes Canada, en août dernier, vient finalement d’être entérinée par les groupes visés, mais avec un faible appui, a appris La Presse canadienne.

L’unité des facteurs urbains a approuvé l’entente de principe dans une proportion de 63 pour cent, alors que celle des facteurs ruraux et suburbains l’a entérinée dans une proportion de 55 pour cent.

«Suis-je décue? Ce qui est important, c’est qu’on puisse avancer. Je pense qu’on ne pouvait pas s’attendre à avoir un résultat à 90 pour cent, ça, c’est clair, parce que les gens, sur les planchers de travail, vivent quand même des choses que la convention, présentement, ne corrigera pas», a admis au cours d’une entrevue lundi Lise-Lyne Gélineau, présidente de la section locale de Montréal du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP-FTQ).

Les augmentations de salaire obtenues sont de 2,5 pour cent sur deux ans pour les facteurs urbains, soit 1 et 1,5 pour cent.

Pour les facteurs ruraux et suburbains, l’augmentation en deux ans est de 3 pour cent, a précisé Mme Gélineau.

La question de l’équité salariale était au coeur du litige, puisque les facteurs urbains sont majoritairement des hommes, alors que les facteurs ruraux et suburbains sont majoritairement des femmes, et que leur rémunération diffère de 30 pour cent, selon le syndicat.

Finalement, cette question de l’équité salariale a été confiée à un comité, qui doit produire ses conclusions en 18 mois.

Mme Gélineau estime néanmoins que cette dure négociation aura permis de réaliser quelques gains. «Il y a des parties où on n’a pas avancé réellement, mais on a maintenu des choses qui étaient prioritaires, comme nos régimes de retraite et l’équité salariale pour ce qui est des FFRS (facteurs ruraux et suburbains)», a-t-elle dit.

Fait à noter, comme le contrat de travail conclu est de courte durée et que les parties avaient longuement négocié avant de parvenir à une entente de principe, les parties devront se remettre à la tâche dès juin prochain. «Il nous reste des choses à négocier; on va recommencer bientôt», a noté Mme Gélineau.

Il faut dire que cette négociation a pris place dans un contexte particulier, alors que le mandat même de Postes Canada, et son avenir, est analysé par un comité. On doit d’ailleurs en connaître davantage à ce sujet au printemps.

Cette entente de principe était intervenue après deux menaces de lock-out, suivie d’une menace de grève. Le premier ministre Justin Trudeau était lui-même intervenu pour presser la direction de Postes Canada de négocier et avait refusé d’adopter une loi spéciale, advenant qu’un conflit éclate. Il avait insisté pour que les parties s’assoient, négocient et s’entendent.

Finalement, le mandat de grève n’a jamais été exercé, pas plus que le lock-out, mais l’incertitude qui avait plané sur le maintien du service postal avait obligé bien des organismes et commerçants en ligne à trouver des solutions de rechange.

La seule menace d’un conflit a suffi à affecter les résultats financiers de Postes Canada, selon cette dernière. La société de la Couronne a estimé que l’incidence financière nette de l’incertitude s’est élevée à 100 millions $ au cours du trimestre clos le 1er octobre.

Le STTP compte 54 000 membres au Canada, dont 6000 à Montréal. Il compte 208 sections locales au pays, d’où le long délai avant d’obtenir les résultats de tous les votes.

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