La Presse canadienne Des comprimés de Fentanyl

VANCOUVER — Le nombre de personnes disposant d’ordonnances de trois mois ou plus pour des opioïdes a continuellement augmenté en Colombie-Britannique bien avant l’explosion du nombre de cas de surdoses constatée cette année.

Une recherche dirigée par Kate Smolina, de la faculté de médecine de l’Université de la Colombie-Britannique, révèle que de 2005 à 2012, la proportion de la population prenant des opioïdes pendant une période prolongée est passée de 2,0 à 2,4 pour cent, ce qui représente une hausse relative de 19 pour cent.

«Deux pour cent, ça peut paraître peu, mais c’est en fait considérable. En Colombie-Britannique, cela se traduit par environ 100 000 (personnes)», explique Mme Smolina.

L’usage des opioïdes est devenu une préoccupation majeure en Colombie-Britannique, 755 personnes ayant succombé à une surdose de janvier à la fin de novembre, dont 128 le mois dernier seulement. La présence de fentanyl, un puissant opioïde, a été confirmée dans environ 60 pour cent de ces décès, selon les rapports de coroners.

L’étude ajoute que le nombre de nouveaux consommateurs d’opioïdes est stable d’une année à l’autre, mais que le nombre de personnes disposant d’une ordonnance est en croissance.

Pour chaque groupe de 19 personnes qui ont commencé à avoir recours aux opioïdes pour une longue période, 16 patients ont cessé d’en consommer, indique la chercheuse, qui travaille désormais pour le Centre de prévention et de contrôle des maladies de la Colombie-Britannique.

«Pour bien mettre en contexte, le nombre de nouveaux consommateurs est généralement comparable au nombre de nouvelles personnes qui reçoivent un diagnostic de diabète chaque année en Colombie-Britannique, ou équivaut à environ trois fois le nombre de personnes hospitalisées pour une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral.»

L’étude démontre par ailleurs que 10 pour cent des patients ayant recours aux opioïdes sur le long terme — en excluant ceux qui reçoivent des soins palliatifs ou qui souffrent d’un cancer — représentent 67 pour cent de toutes les ordonnances d’opioïdes, ou 87 pour cent de «l’équivalent morphine», selon l’unité de mesure comparative employée par Mme Smolina.

Environ le quart de tous les consommateurs quotidiens ont recours à au moins 200 «équivalents morphine» en opioïdes chaque jour, indiquent les résultats de la chercheuse et de son équipe. Cette proportion dépasse la dose maximale recommandée par les directives du Centre américain de contrôle des maladies (CDC) et du Collège des médecins et des chirurgiens de la Colombie-Britannique, qui est de 120 équivalents morphine.

«Deux cents, c’est très élevé et largement au-dessus de ce que la dose de départ serait, a dit Mme Smolina. Vous ne voulez pas vous rendre là. Et si vous le faites, vous tenterez de sevrer (un patient) de cela.»

La chercheuse reconnaît que l’efficacité des opioïdes a été démontrée dans le traitement à court terme de la douleur. Cependant, le manque d’information sur leurs bienfaits à long terme et sur les torts qu’ils peuvent causer à la santé devrait inciter à la recherche d’autres solutions, à son avis.

«La leçon est que nous sommes face à un grave problème de surdoses dans les rues, mais ce que je veux surtout mettre en lumière, c’est le fait qu’il y a aussi cet autre enjeu silencieux, mais qui s’accroît continuellement: celui des patients qui sont dépendants des opioïdes», souligne-t-elle, ajoutant que certains d’entre eux finiront dans la rue.

Note aux lecteurs: Ceci est une version corrigée. Le deuxième paragraphe indiquait précédemment que la hausse avait été de 0,4 pour cent, alors qu’il s’agit plutôt d’une hausse relative de 19 pour cent. Au 8e paragraphe, la version précédente affirmait que 10 pour cent des patients ayant recours aux opioïdes sur le long terme constituent 67 pour cent de tous les individus ayant une prescription de cette substance, alors qu’il s’agit plutôt de 10 pour cent des patients ayant recours aux opioïdes sur le long terme qui représentent 67 pour cent de toutes les ordonnances d’opioïdes, ou 87 pour cent de «l’équivalent morphine».

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