Après des mois de pression, tout indique que la naloxone sera disponible gratuitement dans toutes les pharmacies du Québec dès vendredi, a appris Métro.

Une note interne de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) envoyée il y a quelques jours précise que ce médicament, qui permet de stopper une surdose d’opioïdes, sera distribué librement dès vendredi. Tous les résidants du Québec, même sans carte soleil, pourront se procurer auprès de leur pharmacien jusqu’à huit fioles de naloxone et huit seringues à la fois.

«À moins qu’il y ait un changement de la part du ministère, cela devrait entrer en vigueur vendredi», confirme la conseillère aux affaires publiques et gouvernementales de l’AQPP, Rafaëlle Perron. L’Ordre des pharmaciens du Québec confirme aussi la date du 10 novembre. Des pharmaciens sont en formation cette semaine par rapport à ce nouveau médicament.

Du côté du cabinet de la ministre de la Santé publique, Lucie Charlebois, on n’a pas voulu commenter la nouvelle, nous disant que «les annonces vont venir en temps et lieu». Le gouvernement avait annoncé cette mesure en septembre, mais n’avait pas donné de date.

Un accès élargi à ce médicament est réclamé depuis des mois, notamment par les organismes communautaires qui œuvrent auprès des utilisateurs de drogues injectables (UDI). À ce jour, seules quatre pharmacies de Montréal distribuent de la naloxone, et celle-ci médicament n’est pas entièrement gratuit. De plus, cela requiert une formation pour l’administrer. Les trousses comprenaient deux fioles et deux seringues.

Le directeur général de l’Association québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues (AQPSUD), Jean-François Mary, parle d’une étape importante dans la lutte contre les surdoses d’opioïdes, mais il va encore plus loin en réclamant une distribution dans les organismes communautaires. «C’est une excellente avancée, estime M. Mary. Les modalités d’accès à la pharmacie sont très bonnes, mais la majorité des gens ne vont pas dans les pharmacies. En Colombie-Britannique, l’accès similaire a eu un impact, mais pas majeur. Ce qui a eu un impact majeur, c’est quand ils ont mis en place l’accès communautaire. L’accès en pharmacie c’est une très bonne chose, parce qu’il y a des endroits où il n’y a pas d’organisme communautaire, mais où il y a des pharmacies, notamment en région.»

Pour l’instant, les organismes communautaires qui travaillent avec les UDI ont des trousses comprenant deux doses de naloxone pour faire des intervention, mais ne peuvent les distribuer. Cela serait d’ailleurs illégal.

M. Mary déplore un manque de communication entre le ministère de la Santé et les organismes de première ligne, soulignant le fait que c’est l’AQPP qui lui a appris l’implantation du programme de distribution de naloxone dès vendredi.

Québec interpellé
Lundi matin, les organismes Dopamine et Cactus ainsi que le Parti québécois ont exigé que le gouvernement provincial investisse rapidement les 3,1M$ reçus du fédéral pour lutter contre la crise des opioïdes, faute de quoi certains programmes risquent de disparaître.

Cette part du Programme sur l’usage et les dépendances aux substances du gouvernement fédéral «dort dans les coffres du ministère de la Santé» depuis près de six mois, selon la députée péquiste Carole Poirier.

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