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MONTRÉAL — Les groupes environnementalistes saluent un «premier pas» du gouvernement du Québec pour mieux protéger l’habitat du caribou forestier, mais ils rappellent qu’il reste encore beaucoup de travail à faire à long terme pour préserver cette espèce vulnérable.

Le gouvernement du Québec a annoncé mardi la création d’une vaste aire protégée pour le caribou dans le nord de la province, qui totalise plus de 10 200 kilomètres carrés, ce qui représente 21 fois l’île de Montréal.

Les centaines de caribous qui habitent cette région seront donc épargnés des travaux miniers et forestiers. Le ministère souligne d’ailleurs dans un communiqué que plusieurs autres espèces seront ainsi protégées.

Le caribou est considéré comme une espèce vulnérable depuis 2005, et les environnementalistes revendiquent depuis longtemps des mesures plus musclées pour préserver leur habitat.

L’annonce de mardi était donc attendue depuis bien longtemps, selon Olivier Kolmel, chargé de la campagne forêt de Greenpeace Canada.

M. Kolmel salue l’initiative de Québec, mais il exhorte les gouvernements provincial et fédéral à aller beaucoup plus loin.

«Si vraiment on souhaite rétablir à long terme les caribous, il faut vraiment écouter la science», a-t-il indiqué en entrevue, citant une étude du gouvernement fédéral datant de 2015 qui ciblait 16 000 kilomètres carrés à protéger pour assurer la pérennité de l’espèce.

Selon un récent rapport du gouvernement fédéral, certains progrès ont été accomplis à l’échelle du pays pour protéger le caribou, «mais l’état de l’habitat s’est dégradé dans la majorité des aires de répartition depuis 2012».

«La population de caribous boréaux dans son ensemble a continué de connaître un déclin», est-il écrit.

De son côté, la Société pour la nature et les parcs (SNAP) s’est désolée qu’un secteur au nord du Saguenay ait été exclu de la zone.

«Il s’agit d’un secteur situé très loin des usines dont la valeur socio-économique est questionnable, mais dont la valeur pour le caribou est scientifiquement démontrée», a souligné dans un communiqué Pier-Olivier Boudreault, chargé de projet en foresterie et conservation à la SNAP Québec.

Nature Québec a pour sa part parlé d’une «très bonne nouvelle». L’organisme souhaite que Québec arrive à protéger 17 pour cent de son territoire d’ici 2020.

«Des enjeux socio-économiques importants entourent la protection du caribou forestier. Il est légitime d’en tenir compte, mais nous avons l’obligation d’agir pour préserver cette espèce emblématique de la forêt boréale», a indiqué dans un communiqué Louis Bélanger, responsable de la commission forêt de Nature Québec.

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