L’Institut de recherche et d’information socio-économique (IRIS) a dévoilé mercredi le premier budget carbone du Québec, qui conclut que la province produit 11 millions de tonnes de gaz carbonique de trop chaque année.

Ce budget mesure la quantité totale de CO2 qui peut être émise dans l’objectif d’un réchauffement climatique maximal de 2°C d’ici 2100, selon la convention mondial.

Les chercheurs estime que le Québec ne devrait pas produire plus de 1,4 tonne de CO2 par habitant en 2050, pour respecter cet objectif.

Or, le Québec produit actuellement 9,1 tonnes de CO2 par habitant.

«Cela veut dire que nous devrions émettre 50 millions de tonnes de CO2 par année, alors que nous en émettons environ 62, actuellement. Ce déficit de 11 millions de tonnes montre bien que le Québec n’est pas aussi vert qu’il le croit», prévient Renaud Gignac, chercheur associé à l’IRIS et auteur de la note.

Le chercheur est donc sceptique quant à l’aventure pétrolière du gouvernement, notamment sur l’île d’Anticosti et avec l’exploitation des gaz de schiste en Gaspésie, qui semble prendre forme.

«Ces projets ne feront qu’aggraver le budget carbone du Québec, soutient le chercheur. Si on dépasse l’augmentation de 2°C d’ici 2100, on risque de faire face à des changements climatiques dont on ne connait pas l’issue», lance-t-il.

Bien que ces projets puissent assurer des bienfaits économiques à la province à court terme, le chercheur soutient que faire fi de l’impact environnemental à long terme peut être davantage dommageable pour les dépenses publiques.

«Lors de grosses catastrophes naturelles comme le déluge au Saguenay et les ouragans à travers le monde, l’activité économique est à l’arrêt, et on alloue des sommes considérables pour les dégâts. Avec le réchauffement, ces catastrophes météo risquent d’être plus fréquentes et plus intenses», soutient M. Gignac. Il affirme que le budget carbone est à prendre au sérieux autant, sinon plus, que le budget des finances publiques.

La cible actuelle du gouvernement est de réduire de 25%, d’ici 2020, la production de gaz à effet de serre par rapport à celle de 1990. Mais, selon M. Gignac, il faudrait plutôt la réduire d’au moins 40% pour atteindre l’objectif convenu.

Le ministère de l’Environnement n’a pas pu nous confirmer si cette cible était envisageable.

Origine du budget carbone

C’est l’organisme britannique Carbonne Tracker Initiative qui a popularisé, dans son rapport Unburnable Carbon 2012, la notion de budget carbone mondial. Pour la première fois depuis son premier rapport d’évaluation de 1990, le Groupe international d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) a présenté, en septembre dernier, une estimation du budget carbone mondial à respecter pour limiter le réchauffement climatique à 2°C. Dans leur note économique dévoilée mercredi, l’IRIS applique la notion de budget carbone au contexte québécois, en tenant compte de la démographie de la province, et présente le premier calcul de budget carbone du Québec.

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