Jacques Boissinot/The Canadian Press Naomie Tremblay-Trudeau.

Pour la première fois depuis l’incident où une jeune manifestante a été blessée par une bonbonne de gaz lacrymogène tirée en plein visage à bout portant, jeudi dernier, le syndicat des policiers de Québec sort de sa réserve.

Dans un communiqué diffusé lundi, la Fraternité des policiers de Québec (FPPVQ) ainsi que la Fédération des policiers municipaux du Québec (FPMQ), à laquelle elle est affiliée, disent vouloir éviter les débordements lors des manifestations et réitèrent «sans équivoque l’importance de pouvoir manifester selon ses convictions».

En aucun moment la jeune Naomie Tremblay-Trudeau, l’étudiante de 18 ans du cégep F-X Garneau qui a été blessée lors de la manifestation devant l’Assemblée nationale, n’est-elle mentionnée dans le communiqué.

Tout au plus, le président de la Fraternité, Marc Richard, dit se désoler de la tournure des événements et ajoute qu’«à chaque fois qu’un individu est blessé, que ce soit un manifestant ou un policier, c’est un événement triste».

La Fédération fait valoir que ses membres travaillent «dans un contexte extrêmement difficile» et soutient qu’il est possible de manifester dans le respect de quelques règles permettant aux policiers de faire leur travail. Son vice-président, Paulin Aubé, invite les manifestants à fournir leur itinéraire, à manifester à visage découvert et à respecter les avis de dispersion.

Marc Richard invite par ailleurs l’ensemble des intervenants publics à se montrer prudents dans leurs commentaires avant la publication des résultats de l’analyse de l’opération du 26 mars dernier.

Après avoir initialement blâmé les manifestants, le maire de Québec, Régis Labeaume, a fait marche arrière pour reconnaître que le tir de gaz lacrymogène sur l’adolescente avait été une erreur.

La ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, s’est pour sa part dite «troublée» après avoir vu les images de la confrontation qu’elle a qualifiées de «choquantes».

De son côté, l’ex-ministre Serge Ménard, qui avait dirigé une commission d’enquête sur les manifestations du «printemps érable» de 2012, a déclaré que rien ne justifiait le fait de viser un projectile au visage d’un étudiant à moins d’être en danger de mort.

Naomie Tremblay-Trudeau n’a pas écarté la possibilité d’intenter des poursuites contre le policier en question.

L’affaire a aggravé la polarisation d’un débat qui n’en avait guère besoin. Les réseaux sociaux ont vu apparaître des pages tant de soutien à l’étudiante que de dénonciation de celle-ci, alors que le même phénomène de positions diamétralement opposées s’est produit dans le cas du policier.

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