Collaboration spéciale Swagger sera présenté vendredi soir à 20 h 15 au Cinéma du Parc dans le cadre des Rencontres internationales du documentaire de Montréal.

Cette semaine, on craque pour… Swagger aux RIDM, Fractals of You à Danse Danse, Madame B, histoire d’une Nord-Coréenne, Homo Sapiens, S’enfuir – Récit d’un otage, À voix haute et Le texte du garçon au visage disparu.

1. Swagger aux RIDM
Régis est fan de mode. Du genre fan, fan. Son style détonne dans les rues d’Aulnay, et alors? Sûr de ce qu’il veut, il est un des élèves de secondaire au centre du docufiction Swagger, réalisé par Olivier Babinet dans le nord-est de la banlieue parisienne. Bonheur contagieux et imagination débordante… une dizaine de jeunes issus de l’immigration s’expriment sur la société qui les entoure et sur leur vie. Ton métier d’avenir? «Obama.» La colonisation? «La Côte d’Ivoire, avec des lances, n’avait aucune chance contre la France et ses armes.» Les Blancs? «Je n’ai rencontré qu’un seul camarade. Les autres sont à Paris.» La religion? «Je me suis plus ennuyé à l’église qu’à la mosquée.» Les filles? «Je préfère jouer au foot que leur parler.» On rit – «Mickey et Barbie sont cruels» –, on pleure – «Je n’ai jamais connu mes grands-parents.» Bref, Swagger, c’est notre coup de cœur. Swagger sera présenté ce soir à 20 h 15 au Cinéma du Parc dans le cadre des Rencontres internationales du documentaire de Montréal. (Baptiste Barbe)

art-7e-ciel-mg_tentacle_tribe_160908_7106-modif2. Fractals of You à Danse Danse
Ils sont deux. Emmanuelle Lê Phan et Elon Höglund, des chorégraphes et interprètes montréalais fusionnés sous le nom de Tentacle Tribe. Fusionnés, également, dans cette série de tableaux où ils font preuve d’une technique aiguisée, s’amusant avec des imperméables beiges, dansant, pour elle, avec les cheveux dans le visage, devant des animations de type mandala signées Gene Pendon, sur une musique répétitive, saccadée, accordée à leurs mouvements mêlant contemporain et capoeira. Entre les gestes collés au sol et les sauts soudains, ils se livrent, hypnotiques, atypiques. À la Cinquième salle jusqu’à samedi. (Natalia Wysocka)

art-7e-ciel-madame-b_cc-modif3. Madame B, histoire d’une Nord-Coréenne 
On ne connaît pas le nom de Madame B, mais B doit être pour brave, battante et badass, parce qu’on ne peut qu’admirer sa force de caractère et son courage. Madame B est une Nord-Coréenne qui a fui en Chine il y a plus de 10 ans. Pour faire vivre ses deux fils et leur père restés derrière, elle a été, entre autres choses, passeuse de migrants et vendeuse de crystal meth. Elle rêve de réunir sa famille en Corée du Sud afin d’y mener une vie plus douce, mais les obstacles sont nombreux et la réalité n’est pas à la hauteur de ses attentes. Cependant, rien n’arrête Madame B. On dit B pour bravo au documentariste Jero Yun d’avoir filmé cette brillante leçon de résilience. Au Cinéma du Parc samedi à 17 h et à la salle Jean-Claude-Lauzon dimanche à 14 h 30 dans le cadre des RIDM. (Marie-Lise Rousseau)

4. Homo Sapiens 
Vous savez, ces poncifs «On dirait que le temps s’est figé» et «La nature a repris ses droits»? Devant Homo Sapiens, on se les dit chaque minute, pendant 90 minutes. Des montagnes russes dans la mer, des oiseaux dans un réacteur nucléaire, des lieux de travail abandonnés, des masques à gaz dans la forêt… Le documentariste autrichien Nikolaus Geyrhalter a parcouru le monde afin de nous montrer la partie la moins flatteuse de «la trace laissée par l’Homme» par des plans rapprochés et larges, sans aucun texte ni voix off. C’est beau et terrifiant à la fois. Au Cinéma du Parc demain à 17 h 30 et dimanche à 19 h. (Baptiste Barbe)

5. S’enfuir – Récit d’un otage
Connu pour ses BD reportages, Guy Delisle relate dans sa nouvelle œuvre l’enlèvement en 1997 du responsable d’une ONG médicale dans le Caucase, Christophe André. De son trait de crayon dépouillé, Delisle dépeint avec justesse et empathie la répétition des journées, le temps qui s’étire et la monotonie, mais on tourne tout de même avidement les pages de ce récit angoissant, dans lequel le bédéiste a parsemé des touches d’humour bienvenues. Guy Delisle est au Salon du livre de Montréal ce soir de 18 h à 19 h et demain et dimanche de 13 h à 14 h. (Jessica Émond-Ferrat)

6. À voix haute
Il y a de ces histoires humaines qui sont inspirantes, poignantes et indispensables. Particulièrement en cette ère de méfiance envers l’autre. Le documentaire À voix haute de Stéphane de Freitas est une bouffée d’air frais parmi tout ce qui se véhicule dans les médias. On y suit la préparation d’un groupe de jeunes de Seine-Saint-Denis, en banlieue de Paris, issus de différents milieux socio-culturels en vue du concours de joute oratoire Eloquentia. Des avocats, des slameurs et des metteurs en scène enseignent à ces jeunes brillants, éloquents et exemplaires à leur façon, que la parole est un outil puissant d’éducation dans une société. À voir ABSOLUMENT. Disponible sur YouTube. (Rachelle McDuff)

7. Le texte du garçon au visage disparu
Est-il encore nécessaire de vanter la plume de Larry Tremblay? Avec Le garçon au visage disparu, présenté à La Licorne jusqu’au 25 novembre, le dramaturge parle brillamment de deuil en utilisant la métaphore des zombies, et d’un garçon, fâché contre son père parti en mission humanitaire, dont le visage disparaît lorsqu’il apprend que celui-ci a été enlevé. Même si la manière dont il est livré (dans un français littéraire, mais avec un accent «parlé») fait parfois décrocher, le texte comprend plusieurs moments forts et touchants, la mise en abyme (un film dans la pièce) de la mise en scène de Benoît Vermeulen ajoute du dynamisme et un aspect surréel, et Julie McClemens (photo) et Christian E. Roy sont un plaisir à voir jouer. (Jessica Émond-Ferrat)

On se désole pour…

 

Le fait que Feux soit (déjà) finie
On a bien conscience que les séries les plus courtes sont souvent les meilleures, mais ça ne nous empêche pas d’avoir une réaction d’enfant gâtée et de regretter que soit déjà terminée la série Feux de Serge Boucher, qui a capté notre intérêt dès les premiers épisodes et qui nous a rendue de plus en plus accro de semaine en semaine alors que la tension dramatique s’intensifiait et que les mystères s’éclairaient. La finale a été satisfaisante, mais on n’aurait quand même pas levé le nez sur deux ou trois épisodes de plus. Les lundis soirs vont être nettement moins intéressants au petit écran! (Jessica Émond-Ferrat)

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