Matthew Murphy/Collaboration spéciale Le Fantôme, interprété par Derrick Davis, et Christine, jouée par Eva Tavares.

Cette semaine, Métro craque pour The Phantom of the Opera, En cuisine avec Kafka, Émilie Bierre dans Jenny, Pitbull politique, Retour en Bourgogne, Post Humains et les spectacles du Studio-Théâtre de L’illusion.

1. The Phantom of the Opera

Broadway est de retour en ville avec cette comédie musicale qui donne des frissons dès les premières notes de la chanson-titre. Quel plaisir de voir une production d’un tel calibre s’installer à Montréal, ne serait-ce que pour deux semaines. Et que dire du Fantôme? Derrick Davis interprète le personnage torturé et épris de la jeune soprano Christine Daaé sans faille. Sa voix puissante nous hypnotise au point où, nous aussi, nous l’aurions suivi jusque dans les catacombes. D’ailleurs, la descente vers celles-ci est brillamment conçue, tout comme les autres décors. La scénographie et les costumes deviennent des personnages à part entière tant leur présence se fait remarquer. On espère sincèrement qu’on n’aura pas à attendre un autre quart de siècle pour que le Fantôme revienne hanter un théâtre montréalais. Jusqu’à dimanche à la Place des Arts. (Carine Touma)

2. En cuisine avec Kafka
Le bédéiste écossais Tom Gauld nous offre ses petites perles de sagesse nihiliste dans un recueil rendant hommage au romancier praguois. En cuisine avec Kafka rassemble des histoires d’une case où les personnages sont des livres, des aliens, des voyageurs temporels ou des aventuriers conscients de leur propre schéma narratif, entre autres. Un ouvrage charmant à laisser sur la table du salon et à ouvrir à une page au hasard pour plonger dans le monde absurde de l’auteur. (Alexis Boulianne)

3. Émilie Bierre dans Jenny
La comédienne Émilie Bierre, 13 ans, joue avec brio et justesse le rôle de Jenny, atteinte de la leucémie, dans la série du même nom. Après avoir pris part à la distribution de Mémoires vives, des Beaux malaises et de L’échappée, elle s’attaque à un premier rôle casse-cou. Celui d’une jeune fille dont le monde s’écroule, mais qui s’en tire brillamment. Elle a l’avantage de pouvoir compter sur les acteurs de talent qui l’entourent, mais aussi sur des textes intelligents, qui soulignent les hauts et les bas d’une vie avec la maladie. Le vendredi à 18 h 30 sur la chaîne Unis. (F. Shaffer)

4. Pittbull politique

Pitbull n’est pas forcément connu pour son côté engagé. Si le rappeur de Miami s’engage, c’est plutôt à composer des odes aux attributs féminins, à balancer tube sur tube, et à vanter sa réputation de tombeur. Dale! Mais lundi dernier au Centre Bell, Mr. Partout dans le monde (lire Worldwide) a plusieurs fois interrompu son set pour parler du climat ambiant, des soucis du monde. C’était quand même du Pitbull («on est tellement connecté qu’on est déconnecté, on prend tellement d’égoportraits qu’on ne voit pas le grand portrait»), mais c’était beau à voir. Cœur de fan comblée. (Natalia Wysocka)

5. Retour en Bourgogne

Après 10 ans à barouder, Jean (Pio Marmaï) revient en Bourgogne, où il retrouve sa sœur Juliette (Ana Girardot) et son frère Jérémy (François Civil). Ensemble, ils reprennent le vignoble familial. Le nouveau film de Cédric Klapisch (L’auberge espagnole) est une histoire de fratrie, de racines, une histoire viticole et d’héritage, avec en arrière-goût celui du raisin, du vin, du bourgogne. Au cœur des magnifiques vignobles, on vit, deux heures durant, au rythme des saisons et des vendanges. Un film réconfortant où larmes et rires se succèdent telles les flaveurs d’un grand cru. En salle. (Anicée Lejeune)

6. Post Humains
C’est toujours agréable d’aller au théâtre et de réfléchir. Dans ce domaine, on peut dire que Post Humains frappe dans le mille, nous confrontant à notre vision de la médecine, de la mort et de l’avenir. Dans cette œuvre qui ressemble plus à un documentaire ou à une conférence qu’à une pièce, on suit la rencontre bien réelle de l’auteure Dominique Leclerc avec la société des transhumanistes, bio-hackers et autres cyborgs. Oui oui, ceux qui s’installent des puces dans le corps pour «améliorer» leur «sac de viande». Si on peut corriger notre vision avec des lunettes, pourquoi ne pas «emmieuter» notre corps avec des machines? Cette réalité n’est plus si loin de nous. Post Humains nous incite à méditer là-dessus. Jusqu’à samedi à l’Espace Libre. (Dominique Cambron-Goulet)

7. Les spectacles du Studio-théâtre de L’Illusion
Mettant toujours en scène des marionnettes colorées, les spectacles de L’Illusion initient les petits au théâtre dans un espace imaginé juste pour eux. Quel bonheur de les voir tendre leur billet avec fierté pour qu’il soit déchiré! Ces jours-ci, le théâtre présente Les habits neufs, habile relecture du conte de Hans Christian Andersen, adaptée pour les 3 à 6 ans et créée il y a une dizaine d’années. La comédienne Claire Voisard, qui incarne la couturière et donne vie à un vaniteux empereur de bois, sait comment captiver son jeune public et jouer avec ceux qui commencent à s’agiter sur leur coussin. Jusqu’au 22 octobre. Réservations : 514 523-1303.(Jessica Dostie)

 

On se désole pour…

«Tout le monde savait.»

En 2015, au Marché du film du festival de Cannes, on projetait le documentaire An Open Secret, d’Amy Berg. Un documentaire qui s’ouvrait sur ces mots : «Voici le film que Hollywood ne veut pas que vous voyiez.» Ceux qui l’ont vu quand même ont été mis face à cinq enfants devenus grands qui rêvaient autrefois de devenir acteurs, chanteurs, stars. Des enfants remplis d’espoir, abusés par des hommes haut placés jouissant d’une inébranlable impunité à L.A. Comme lui, comme Harvey Weinstein. An Open Secret. Un secret de polichinelle. Un secret qui a fini par éclater au grand jour. Porté par un écho. «Tout le monde savait.» Une phrase qui crève le cœur chaque fois. «Tout le monde savait.» Et personne dans son cercle, sauf de rares exceptions (chapeau pour le guts, Brad Pitt), n’a rien fait?  (Natalia Wysocka)

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