Les Films Séville Pascale Bussières et Jean-Michel Anctil

Jusqu’où doit-on aller pour plaire aux gens? C’est à cette épineuse question que tentent de répondre les trois personnages de Nous sommes les autres.

«C’est quelque chose qu’on fait tous, surtout nous les acteurs», rappelle en entrevue Pascale Bussières, qui incarne dans ce film une femme médusée par l’absence énigmatique de son conjoint. Une disparition qui aura également des conséquences sur pour jeune architecte (Émile Proulx-Cloutier) et un expert en sinistre (Jean-Michel Anctil).

«Il y a des versions du scénario que j’ai écrites pour plaire aux gens, reconnaît le réalisateur Jean-François Asselin, qui en est à son premier long métrage pour le cinéma. Ça ne fonctionnait pas, c’était une erreur.»

Le cinéaste a plutôt décidé de s’écouter et de continuer à explorer ses obsessions, une expérience entamées à la télévision (Plan B), où la réalité se veut décalée. En résulte une fable tordue et chargée de sens sur l’identité – entre Roman Polanski et Yorgos Lanthimos – où les jeux de miroir semblent infinis, emprisonnant du coup les héros dans des décors révélateurs.

En voulant combler le vide laissé par cet être qui s’est volatilisé, le trio finit par se métamorphoser. «Mais gare à ce que l’illusion l’emporte, ce qui est souvent le cas dans la vie», lance, sourire en coin, Pascale Bussières, en faisant référence à la deuxième partie du film, plus kafkaïenne.

«Si tu es le moindrement honnête avec toi-même, ça peut être troublant la quantité de choses que tu as fait pour plaire, être admis ou être aimé.» – Émile Proulx-Cloutier, un des personnages de Nous sommes les autres

Cette transformation est une véritable bénédiction pour l’homme ordinaire qu’interprète Jean-Michel Anctil. «En s’oubliant constamment, il était en train de se noyer, développe l’humoriste. Beaucoup de gens vivent ça. Il découvre un milieu qu’il pensait inaccessible, ce qui lui permet de rêver.»

Une mutation qui affecte également la figure fragile que défend Émile Proulx-Cloutier, certainement le personnage le plus fascinant du lot. Pour l’acteur caméléon, c’est ce questionnement sur la condition humaine qui l’a allumé, cette complexité ambivalente qui risque de parler à chaque spectateur.

«Le fait de vouloir plaire, on finit par l’imposer aux enfants, avance celui qui est également musicien à ses heures. Ça pose une grosse question sur la liberté. Oui, c’est toi qui fais des choix, mais pour qui tu les fais? Parfois, tu finis par ne même plus savoir qui tu es. Je pense que ça nous guette tous.»

Prendre les moyens
Jean-Michel Anctil a décroché un rôle dans Nous sommes les autres en audition, notamment grâce à son regard tristounet. Il est toutefois conscient de la réputation parfois négative des humoristes au cinéma. «C’est sûr qu’on va toujours être un peu une cible, admet-il. Mais je me suis préparé pour le personnage et j’ai tenu à me faire coacher. Je voulais montrer que j’étais capable de faire oublier ce côté-là, le comique. Les gens ne m’ont jamais vu dans ce registre.»

Nous sommes les autres, mardi à 20 h 30 au Cinéma Impérial dans le cadre du festival Cinemania, en salle vendredi prochain

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