Collaboration spéciale Sarah Bramms joue le rôle de Sarah (tiens, tiens), une adolescente dont la passion pour le patinage artistique commence à faiblir.

Cette semaine, Métro craque pour Kiss and Cry à Cinemania, 120 battements par minute, Crise R.H., Moi aussi je voulais l’emporter, M.A.C.A., Le zoo et la consistance d’Infoman.

1. Kiss and Cry à Cinemania

Dans le noir, une fille rentre chez elle, des patins blancs accrochés à son épaule se balançant au rythme de ses pas. Elle vient de finir une pratique. Avec ses collègues du club, elle n’a pas cessé de pirouetter, de répéter et de tomber sous la pression du coach hurlant des chapelets d’insultes. «On ne peut pas sauter quand on est une bonbonne à gaz! Dégage!» Un soir d’entraînement normal, quoi. Un entraînement après lequel les plus grandes balaient les méchancetés du revers de la main dans le vestiaire. Et s’emploient plutôt à se faire des mauvais coups entre elles. Pour oublier un peu les réveils aux aurores, les fêtes qu’elles ratent, le patin tout le temps. Et leurs parents. Qui veulent tellement qu’elles soient des championnes. Qui dictent d’un ton militaire : «Crache ce bonbon, donne-moi ce téléphone, monte et descends ces marches à la course. Encore. Et encore. Et encore.» D’une facture quasi-documentaire, ce film de fiction de Chloé Mathieu et Lila Pinell parle de performance, d’adolescence, de rêves, de déceptions. Kiss & Cry. Becs et bobos. Mais surtout bobos. Présenté jeudi, à 21 h, au Cinéma du Parc, dans le cadre de Cinemania.  (Natalia Wysocka)

2. 120 battements par minute
Retour dans la France du début des années 1990, où le Sida fait des ravages depuis 10 ans déjà et où les malades meurent sans considération. Avec 120 battements par minute, le réalisateur Robin Campillo nous plonge au cœur des réunions hebdomadaires d’Act Up-Paris, association militante contre le sida, dont les actions ont toujours eu pour but de frapper fort pour éveiller les consciences. Tout en s’immergeant au sein du groupe de militants dont les coups de gueule sont bouleversants, on pénètre dans l’intimité déchirante de Sean (Nahuel Pérez Biscayart), séropositif, et de Nathan (Arnaud Valois), non malade. Un film sensible et poignant de vérité qui marque les esprits à jamais. En salle. (Anicée Lejeune)

3. Crise R.H.
Le suicide d’un employé poussé à bout par des ressources humaines avides de performance est le point de départ de ce suspense français bien ficelé. Crise R.H. est un troublant portrait du service RH d’une grande entreprise dont la responsable, Émilie Tesson-Hansen (Céline Salette), congédie avec une facilité déconcertante des employés, appliquant ainsi la stratégie sans pitié de son supérieur Stéphane (Lambert Wilson). Le réalisateur Nicolas Silhol dépeint le cynisme et la lâcheté dont font preuve les entreprises pour parvenir à leurs fins. Un film qui n’est pas sans évoquer les cas de suicide qui ont eu lieu dans plusieurs entreprises françaises. Présenté demain à 13 h et lundi à 16 h dans le cadre de Cinemania, puis en salle dès le 17 novembre. (Anicée Lejeune)

4. Moi aussi je voulais l’emporter

Il y a de ces objets littéraires qui se démarquent par leur beauté tant esthétique que poétique. Cet essai autobiographique illustré signé Julie Delporte est poignant et d’une désarmante sincérité. L’auteure et dessinatrice partage son intimité, ses craintes et ses doutes. Il est fascinant que son propos mélancolique côtoie ses dessins si lumineux. Emportez donc ce magnifique album à la maison! Aux éditions Pow Pow. (Rachelle McDuff)

5. M.A.C.A.

Snoop Dogg y va d’un album politique avec M.A.C.A. (Make America Crip Again), une flèche décochée au président des États-Unis, Donald Trump. Sans appeler à la révolution, le rappeur réussit à faire sourire sur plusieurs chansons en comparant l’administration Trump à un groupe de gangsters, par exemple. Même si on ne s’intéresse pas à la politique américaine, M.A.CA. demeure un super bon album de rap. (Alexis Boulianne)

6. Le zoo, un des meilleurs polars de l’année
Un zoo à la tombée de la nuit, une maman et son fils de quatre ans, deux jeunes perturbés et perturbants armés de fusils… Tous les ingrédients d’un récit haletant sont là. Impossible de lâcher ce roman de Gin Phillips qui dépeint un univers par ailleurs très réaliste. Si réaliste, en fait, que c’en est troublant, avec une trame évoquant – tant du point de vue des victimes que de leurs bourreaux – des tueries récentes. Et vous, jusqu’où iriez-vous pour protéger votre enfant? En librairie aux éditions Robert Laffont. (Jessica Dostie)

7. La consistance d’Infoman

Cette saison, Infoman célèbre ses 18 ans, et même si l’émission satirique de Radio-Canada a atteint la maturité depuis belle lurette, on tenait à souligner encore sa pertinence au petit écran québécois. Depuis son retour, il y a un mois et demi, elle nous a offert déjà quelques séquences savoureuses (allez voir ou revoir «Dans la tête de Céline», où Jean-René Dufort et Antoine Vézina «décident» des réponses de la chanteuse lorsqu’elle présente sa collection de sacs), bien ficelées (Infoman n’a pas son pareil pour dénicher des perles parmi ses «Miss candidats» lors des campagnes électorales) et même pertinentes journalistiquement (on pense aux lignes à haute tension d’Hydro-Québec à Saint-Adolphe-d’Howard). Jeudi à 19 h 30 à ICI Radio-Canada Télé ou sur infoman.radio-canada.ca. (Baptiste Barbe)

On se désole pour…

Les articles tirés d’un minigazouillis

Pour célébrer l’anniversaire de son amie Katy Perry, Ellen a fait une blague poche, sur Twitter, usant d’un lien plus que discutable entre «ballons de fête» et «contenu de soutien-gorge». C’était nul, d’accord. Mais avait-on réellement besoin de consacrer un article entier audit tweet comme s’est appliqué à le faire, entre autres, The Loop? Ou lorsque Google a proposé un nouvel emoji de hamburger avec, attention, le fromage placé SOUS la boulette. Et que, comme le veut l’horrible expression consacrée, «la twittosphère s’est enflammée». Avait-on vitalement besoin que le 20 minutes nous propose une analyse en plusieurs paragraphes de cette hérésie d’emoji, avec tweets de boulettes choqués à l’appui? Parfois, 140 caractères suffisent pour dire exactement ce que la personne veut dire. Parfois, même 140 caractères sont de trop. (Natalia Wysocka)

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