Pedro Ruiz/Collaboration spéciale

Cette semaine, Métro craque pour Pôles sud, Les bottes, Everything Sucks!, Arcade Fire, le livre, Le compte Instagram 
@dictionnaire_vedettes_quebec, Montréal Parallèle et les meilleures auditions 
de La Voix.

1. Pôles sud
On pourrait résumer ce documentaire scénique en disant qu’il présente la vie extraordinaire de gens ordinaires. Mais non, ils ne sont pas ordinaires, les protagonistes de Pôles sud: documentaire scénique, ils sont extra! Sur scène, ces citoyens du quartier Centre-Sud, voisins du théâtre Espace Libre, se dévoilent tour à tour avec sensibilité, humour et résilience. On y découvre notamment une des premières femmes trans du Québec qui a fait carrière comme danseuse burlesque (photo), un soudeur-sculpteur passionné de ballet et une concierge ex-toxicomane. La mise en scène ingénieuse signée par le couple/tandem créatif Anaïs Barbeau-Lavalette et Émile Proulx-Cloutier met en valeur sans jugement et avec beaucoup de tendresse les témoignages touchants, mais jamais misérabilistes de leurs personnages plus vrais que nature. – Marie-Lise Rousseau

2. Les bottes
Voilà un petit album tout simplement hilarant qui fera rire autant les tout-petits que leurs parents, malgré des références et une écriture très françaises. Petit lapin est tout triste parce qu’il n’arrive pas à mettre ses bottes pour la récréation. La maîtresse (on est en France, on vous le rappelle) veut l’aider avec la meilleure volonté du monde, mais se succèdent alors des situations toutes plus comiques les unes que les autres. Au final, aura-t-il le temps d’aller dehors avant que la cloche ne sonne? Aux éditions Seuil Jeunesse. – Jessica Dostie

3. Everything Sucks!
La seule chose vraiment poche de cette série sortie plus tôt cette année, mais rapidement ensevelie par les nouveautés, c’est qu’elle ne connaîtra pas de deuxième saison. Pour le reste, cette comédie d’ados ancrée dans un patelin de l’Oregon (Boring), dont la seule attraction pour le monde extérieur est sa pancarte à l’entrée, est charmante. Autre produit de la nostalgie, Everything Sucks! replonge non pas dans les années 1980 mais 1990, l’époque d’Oasis et des VHS, où les élèves d’un club vidéo et d’une troupe de théâtre vont se côtoyer. Dix 
épisodes qui se regardent en rafale et qui donnent les premiers rôles, pour une rare fois, à un duo composé d’une jeune 
lesbienne et d’un Afro-Américain. Sur Netflix. – Baptiste Barbe

4. Arcade Fire, le livre
Il s’écrit peu de livres en français sur la scène musicale contemporaine et chaque addition est la bienvenue. Le Français Matthieu Davette apporte sa pierre à l’édifice en publiant une biographie très détaillée sur son groupe fétiche, Arcade Fire. Même si le livre est bâti uniquement à partir de sources secondaires et contient plusieurs imprécisions sur Montréal, berceau du groupe, («Ontario Street»?, «le Printemps d’Érable»??, «l’UQAM, l’école multimédia de Montréal»???), sa lecture devrait ravir les fans, toujours avides de détails sur un groupe qui a su cultiver le mystère. Aux éditions Le mot et le reste. – Benoit Valois-Nadeau

5. Le compte Instagram 
@dictionnaire_vedettes_quebec
La fille qui pleurait de rire cachée derrière son téléphone dans le métro cette semaine? C’était moi. Le compte Instagram @dictionnaire_vedettes_quebec, comme le dit son nom, est tout simplement un (faux) dictionnaire des personnalités publiques du Québec. Plusieurs fois par jour, on trouve de nouvelles petites cartes avec la photo d’un artiste/sportif/influenceur ainsi qu’une description hi-la-rante (OK, et parfois un peu méchante). Coup de cœur pour la définition de Jean Airoldi: «Un grand non de la mode.» – Virginie Landry

6. Montréal Parallèle
Hervéric, Magaline et leurs collaborateurs sont de retour pour une deuxième saison à la barre de leur bulletin de nouvelles fictives sur les ondes de Radio alternative. Balado humoristique, Mont-réal Parallèle relate les hauts, mais surtout les bas d’une réalité pas si lointaine, dans laquelle L’Hochelaga est un pays et la pièce de l’heure est J’aime Revenu Québec, «un monologue coup de poing où une actrice d’une grande sensibilité fait ses impôts sur scène». D’un humour parfois grinçant, le balado n’épargne aucune facette de l’actualité québécoise. Le tout est découpé en épisodes de 20 minutes, qui s’écoutent bien durant un trajet en bus ou en métro. – Marie-Lise Rousseau

7. Les meilleures auditions 
de La Voix
Notre plaisir coupable: 
1. Regarder sur YouTube les capsules des meilleures auditions à l’aveugle de l’émission La Voix provenant de partout dans le monde. Et 2. Pleurer d’émotion devant le talent des nobody de Mongolie, Bulgarie, Népal, France, Hollande, etc. Notre conclusion: La Voix est l’une des émissions les plus subversives de la télé. Oui, elle couronne l’impérialisme musical anglo-saxon, mais elle démontre surtout que le star-système n’est pas forcément basé sur le mérite, surtout quand 10 inconnus (dont celui sur notre photo) offrent une meilleure version de Toxic que Britney Spears. – Mathias Marchal

Et on se désole pour

Les républicains et First Man
Nouveau tollé au pays de Trump: First Man, film de Damien Chazelle sur l’astronaute Neil Armstrong mettant en vedette Ryan Gosling, ne serait pas assez patriotique. Raison invoquée par les Ted Cruz et Marco Rubio de ce monde? Le réalisateur a choisi de ne pas inclure dans son œuvre le moment où Armstrong a planté le drapeau américain sur la surface lunaire… Trois questions aux bonzes du parti républicain (des lecteurs réguliers de Métro, espérons-le): Primo, depuis quand le rôle d’une œuvre d’art est-il de flatter le patriotisme d’une superpuissance? Deuxio, en quoi le fait de ne pas montrer cette scène (hyperconnue et surutilisée) fait-il de First Man un brûlot anti-patriotique? Tertio, ont-ils seulement vu le film? 
– Benoit Valois-Nadeau

Aussi dans Culture :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!