Collaboration spéciale Alizée Calza

Voilà 20 ans qu’Alizée Calza joue de la harpe classique après avoir eu le coup de foudre pour l’instrument à l’âge de cinq ans. Face à la difficulté de trouver un label, elle a fait appel à tout son réseau social pour financer et réaliser ce qu’elle nomme «l’aventure d’une vie».

Des premiers mots couchés sur le papier en 2014 au lancement officiel de l’album au Verre Bouteille, à Montréal, le 30 octobre prochain, il se sera en tout passé quatre ans.

Quatre années de création, qui, même parsemées d’embûches, n’auront jamais entamé sa folle passion pour la musique.
Mais trouver un label 
québécois prêt à investir dans un musicien inconnu est un peu mission impossible.

«C’est vraiment difficile si tu n’as pas déjà fait quelque chose, explique celle qui a étudié à l’École nationale de la chanson à Granby. Les labels n’ont plus envie de prendre de risques.»

La jeune musicienne de 
26 ans, originaire de la Suisse, a donc dû se débrouiller avec les moyens du bord et a fait appel à son réseau pour concevoir son album conçu en forme de journal intime intitulé Ma vie comme une scène.

Grâce à sa campagne de financement, promue uniquement sur Facebook, elle a réussi à récolter 4 380 $. Au total, 
48 personnes ont donc choisi de lui donner 100 $ en moyenne.

«Les labels n’ont plus envie de prendre de risques.» – Alizée Calza, harpiste, sur les raisons qui l’ont poussée à utiliser le sociofinancement 
pour financer la création de son album.

À ceux qui ont investi 
500 $, elle offrira une chanson personnalisée. Tout un défi!

«Je perds tous mes droits dessus. Je leur donne tout. Mais c’est ce que j’aime au départ : écrire et composer des chansons. Et peu importe ce qu’on te raconte, à un moment donné il y a un sentiment qui va te toucher, qui va t’appartenir aussi, et c’est de ce sentiment universel là que je pars pour créer.»

En effet, pour elle, c’est bien le processus de création qui demeure le plus passionnant.

«J’écris d’abord, puis je fais ma musique; certains font l’inverse. J’ai voulu me donner des défis sur cet album, créer un tango, par exemple. Pour le morceau celtique, j’ai repris un hymne breton connu et libre de droits et j’ai composé ma partition dessus.»

Douze chansons 
à quatre mains
Si son père a fait le graphisme de l’album, son beau-père les photographies, des amis le mixage et l’enregistrement, c’est son chum Gabriel Poirier Lemoine et elle-même qui ont réalisé les 12 chansons d’un album enregistré en 2 fins de semaine à Val-d’Or, budget serré oblige.

«À nous deux, on fait tous les instruments, explique Alizée Calza en entrevue avec Métro. On entend de la batterie, de la guitare électrique, de l’harmonica, et de la basse avec archet. Le son de cette dernière est beaucoup plus métallique; c’est plus dérangeant.»

Couplé avec la douceur de la harpe, cela confère une atmosphère atypique à l’album.

«Je ne voulais pas d’instruments classiques: la contrebasse, c’était non, le piano non plus. On a choisi du synthé aux sons particuliers. On voulait créer quelque chose d’original, qui n’existait pas ailleurs.»

Ma vie comme une scène
Lancement le 30 octobre à 17 h au Verre Bouteille

Un rapport intime

Ce n’est pas tous les jours qu’on croise une si grande passionnée de harpe, un instrument de 47 cordes avec 7 pédales, qui mesure 1,80 m et pèse près de 50 kilos.

«J’ai une espèce de fusion avec elle, il m’arrive même de lui parler, raconte Alizée Calza en riant. C’est comme une partie de moi, une amie. Je refuse de revenir à des harpes plus petites. Et quand je pète une corde, c’est l’apocalypse! C’est comme si ça me faisait mal à moi-même. J’aime aussi qu’elle soit contre moi quand je joue, c’est un rapport vraiment intime.»

Malgré la réalisation de son rêve, l’enregistrement d’un premier album, la prochaine étape sera sans doute la plus difficile : vivre de son art.

«Une amie musicienne a gagné 44 $ avec ses chansons qui ont largement dépassé les 8 000 écoutes sur plusieurs plateformes de streaming, déplore-t-elle. Les radios satellites, c’est plus payant. Sirius XM te reverse pas mal d’argent si tu joues beaucoup. Sinon, tu ne gagnes rien.»

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