Séville Brendan Gleeson et Taylor Kitsch

Plus d’une décennie après avoir enchanté le Québec et le monde entier, La grande séduction est de retour dans une version canadienne-anglaise.

«J’aurais souhaité avoir l’idée, avoue Don McKellar (Last Night), le réalisateur de The Grand Seduction (La Grande Séduction à l’anglaise), lors d’une entrevue réalisée dans un autobus en route vers Ciné-Québec. C’est le producteur Roger Frappier qui a eu ce coup de génie. Je pense qu’il devrait y avoir plus de remakes de projets québécois.»

En apparence, l’histoire de cette nouvelle variation est la même. Une petite communauté tente de convaincre un médecin de s’installer sur son île afin qu’une grosse compagnie investisse chez elle et crée des emplois salvateurs. Seuls la langue (l’anglais) et le lieu (Terre-Neuve) sont différents.

Il ne faudrait toutefois pas se fier aux apparences, à en croire l’impressionnant Brendan Gleeson (In Bruges), qui était récemment de passage à Mont­réal. «L’humour général n’est pas le même, affirme celui qui désirait obtenir la bénédiction de Raymond Bouchard avant de participer à ce projet. Ici, les personnages parlent différemment et ils sont plus réservés. Dans la version précédente, l’humour physique était plus exagéré, comme chez Jacques Tati. C’est fascinant de voir les différents moyens de faire rire les gens.»

Pour sa part, Taylor Kitsch (John Carter) n’a pas tenu à se laisser inspirer par le travail de Jean-François Pouliot afin d’éviter de copier le travail de David Boutin (le docteur). «Je sais comment le film est aimé et je respecte ça, dit-il. Je pense que, plus que tout, il fallait le mettre à notre main pour créer nos propres moments magiques.»

Des instants drôles et ludiques, et d’autres plus dramatiques et poignants, le sujet de la crise économique ayant peut-être laissé plus de traces en 2014 qu’en 2003. «C’est un propos tellement universel, affirme Liane Balaban (One Week), qui interprète une jeune femme qui hésite à embarquer dans l’opération de charme de son village. Et je crois que c’est la raison pour laquelle les spectateurs adhèrent tant à La grande séduction et à sa reprise. Ils comprennent d’où viennent ces personnages et comment ils se battent fort pour pouvoir travailler. Je pense que n’importe qui peut s’identifier à ça, au désir d’avoir un but dans la vie.»

Pourquoi y retourner?
La grande séduction a été un des films québécois les plus vus et appréciés de la dernière décennie. Qu’est-ce qui attirerait les cinéphiles de la Belle Province dans la salle obscure pour voir son remake en anglais? «La curiosité, lance le pince-sans-rire Mark Critch, qui est surtout connu pour son travail à l’émission culte This Hour Has 22 Minutes. Chaque province est convaincue d’avoir les meilleurs comédiens, les meilleures chansons. C’est très canadien de penser comme ça. Alors, pour en être certains, les gens doivent aller le voir. Peut-être qu’ils vont l’adorer ou le détester – c’est notre droit d’être protecteur avec ce qu’on fait, mais il faut s’en assurer, non?»


The Grand Seduction
À l’affiche dès vendredi

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