Le passage du futur Réseau Électrique Métropolitain par le territoire de l’Île-des-Sœurs mettrait en danger la reproduction de l’alose savoureuse, l’anguille d’Amérique, le chevalier de rivière et l’esturgeon jaune, quatre espèces de poissons répertoriées par le passé dans le chenal.

Les études environnementales déposées au BAPE à la fin du mois de juillet démontrent en effet qu’une  quinzaine d’espèces différentes vivent dans le chenal, principalement des gobies à taches noires ainsi que des crapets de roche mais que les quatre mentionnées préalablement seraient les plus affectées.

Il est important de mentionner que ces quatre espèces n’ont pas été observées depuis 2012 dans le secteur. D’autres espèces susceptibles d’être menacées comme la couleuvre brune, la couleuvre frayée et la tortue peinte pourraient également être affectées par la construction du REM selon les études remises au BAPE.

«Profitable pour l’environnement»
Bien que le mégaprojet de train électrique piloté par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) passera sur le futur pont Champlain et que la station de l’île sera située au milieu de l’autoroute 10, loin d’un milieu naturel, un nouveau pont devra être construit au-dessus du chenal de l’Île-des-Sœurs.  Les piliers de la structure pourraient affecter les milieux de fraie de plusieurs espèces de poissons fait valoir Pascale Biron, professeure de géographie et de planification environnementale à l’Université Concordia.

«Pendant les travaux, c’est certain que les poissons vont être perturbés, mais des piliers dans un endroit assez large, ça ne devrait pas être dramatique à priori», précise  la professeure.

Cette dernière croit qu’il est toutefois important de bien cartographier les lieux de reproduction des espèces présentes dans le chenal afin de ne pas perturber leur pondaison.

Des propos qui trouvent écho à la Caisse de Dépôt et de Placements du Québec (CDPQ) «N’importe quel pont construit peut affecter les milieux de vie des poissons, mais le but c’est de faire attention à ces habitats-là et de faire de prendre des mesures de compensation après la construction», explique le directeur des relations médias chez CDPQ Infra, Jean-Vincent Lacroix.

Il souligne que 80% du tracé passe par des routes déjà existantes et que dans l’ensemble, le projet, le 3e plus grand réseau de transport automatisé au monde, est profitable pour l’environnement puisqu’il diminuera le nombre d’autos sur les routes.

Compensations
Le coordonnateur du Mouvement Ceinture Verte, Sylvain Perron,  se dit méfiant quant aux futures compensations promises par la CDPQ.

«Historiquement, les compensations faites sur la terre ont beaucoup moins de valeur qu’un habitat naturel. Il y a aussi la possibilité que ça ne soit pas adéquat pour les espèces», indique celui qui représente quatre organismes environnementaux.

Les mesures de compensation ne sont pas encore connues puisque le consortium responsable des travaux n’a pas été choisi.

Toutefois, le scénario de construction envisagé prône l’utilisation de barges et de batardeaux afin d’éviter la construction d’une jetée temporaire, ce qui minimise les superficies d’empiètement et donc les impacts sur les milieux de vie des poissons d’après M. Lacroix.

Le Mouvement Ceinture Verte déposera un mémoire pour faire valoir ses points lors des audiences publiques du BAPE sur le projet.

Rappelons qu’en avril la CDPQ, a annoncé en grande pompe son mégaprojet de train électrique, qui ajoutera 67 km au réseau de transport collectif montréalais. Qualifié de «Baie-James de Montréal», le REM coûtera environ 5,5 G$.

 

 

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