Charlotte Lopez Rodolphe Barrere et Louis Delaoustre ont compris que les commerces sont le lien le plus important entre les gens.

L’entreprise québécoise Potloc, qui permet aux citoyens de choisir les prochains commerces qu’ils veulent voir ouvrir dans leur quartier, s’installe en France et vise l’international.

Après trois ans d’activité à Montréal et avec un nouveau bureau dans le Mile End, Potloc a ouvert il y a maintenant deux mois un deuxième bureau à Lille, en France. Un des deux cofondateurs, Louis Delaoustre, s’y est installé avec quatre autres employés.

«On avait une forte demande en France, autant de la part des entreprises que des mairies comme celle de Paris, donc le temps était venu d’y ouvrir un nouveau bureau», mentionne Rodolphe Barrere, cofondateur de Potloc, resté à Montréal.

Grâce à une levée de fond, l’entreprise a obtenu 800 000$ de financement, ce qui lui a permis d’étendre ses activités en France, mais aussi au Canada, à Toronto et par la suite aux États-Unis. Ce financement a pu se réaliser grâce à des investisseurs québécois et français, comme Robert Dutton, ex-PDG de Rona et la BDC.

Aussi, un partenariat a été conclu avec la caisse Desjardins qui devient leur commanditaire et allié financier.

Avec 16 employés actuellement, leur but est d’en avoir une cinquantaine l’année prochaine «pour avoir encore plus de compétences, améliorer notre technologie et pouvoir avancer vite sur le Canada, ainsi que dans d’autres pays», précise Louis Delaoustre.

Choisir ses commerces

Résidents du Plateau-Mont-Royal depuis environ dix ans et diplômés d’HEC Montréal, Louis Delaoustre et Rodolphe Barrere se sont rendu compte que de nombreux locaux fermaient et ouvraient sans arrêt dans le quartier.

«On a réalisé que les entreprises faisaient faillite, car le commerçant arrivait avec une offre qui n’intéressait pas forcément les résidents, ou dont ils n’avaient plus besoin, c’était un vrai problème», assure M. Barrere.

Grâce à la plateforme web Potloc.com, toute personne peut choisir les prochains commerces qu’elle veut ouvrir dans son quartier et ainsi se réapproprier son quartier, en créant un lieu à son image.

Des commerces peuvent aussi s’inscrire pour demander aux citoyens et consommateurs dans quel quartier ils veulent voir ouvrir leur prochaine boutique, boulangerie, café ou encore restaurant.

«Ce qui a toujours été fait pour implanter un commerce est de regarder les données top down, c’est-à-dire les données théoriques d’un quartier, mais pour nous cela n’a plus aucun sens aujourd’hui, souligne Rodolphe Barrere. Nous avons inversé le processus, on fait des études bottom up, donc on va chercher à comprendre les besoins de la population en l’interrogeant directement».

Potloc a trois types de clients qui sont les villes, municipalités, arrondissements et SDC, les propriétaires immobiliers et les commerces. Potloc leur vend des études de marché basées sur ce que disent et souhaitent les gens concernant l’implantation d’un commerce.

«Ils ont une grande volonté de s’impliquer dans leur quartier, le sentiment d’appartenance est très fort, affirme-t-il. Le lien le plus important entre les gens c’est les commerces; l’âme d’un quartier, ce qu’il fait battre son cœur ce sont les commerçants.»

L’arrondissement du Plateau a d’ailleurs fait appel à l’entreprise pour la revitalisation de la rue Prince-Arthur. Des commerces comme BELÉM Café & Yoga et le Lézard Créatif ont ouvert dans le Plateau-Mont-Royal grâce à Potloc.

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