Andrey Popov L’installation de plaques podotactiles, de feux sonores, ou encore de parcours libres d’obstacles est nécessaire dans Montréal.

Le réaménagement urbain et les nombreux chantiers routiers sur le territoire montréalais compliquent les déplacements  des personnes ayant une limitation visuelle. Le Regroupement des aveugles et amblyopes du Montréal métropolitain (RAAMM) estime qu’il y a encore du travail à faire pour les personnes malvoyantes.

Selon Yvon Provencher, agent de développement et de communication au RAAMM, il est très difficile pour les personnes ayant une limitation visuelle de se déplacer en l’absence de points de repère.

«L’aménagement est un des grands défis de Montréal, notamment avec les nouveaux projets que la Ville veut mettre en place comme la piétonisation des rues», affirme-t-il, faisant référence à la rue Roy entre les rues De Bullion et Coloniale.

Tous les nouveaux projets dans la ville sont à chaque fois une nouvelle adaptation pour des personnes en cécité totale ou partielle, qui doivent réapprendre un parcours préalablement mémorisé depuis souvent des années.

Provencher fait aussi référence à la diminution du trottoir rue Brébeuf à 70 cm dans le Plateau-Mont-Royal, qui avait fait polémique en 2015, mais aussi à la rue Rivard côté nord qui est «très dangereuse», selon lui.

Aussi, l’organisme a déposé un mémoire au mois de mars dernier lors de la consultation menée par la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ) en vue de réviser le Code de la sécurité routière.

Le RAAMM souhaite que soit maintenue l’interdiction du virage à droite aux feux rouges, car sinon cela irait, selon l’organisme, à l’encontre de la stratégie montréalaise «Vision zéro» mise en place en 2016 voulant assurer la sécurité maximale des piétons.

Yvon Provencher souligne que l’accessibilité universelle doit être mieux prise en compte, notamment avec l’installation de plaques podotactiles, de feux sonores, ou encore de parcours libres d’obstacles, où aucun élément ne vient obstruer les voies de déplacements.

En collaboration avec la ville, le RAAMM développe des guides en aménagement afin que la situation des personnes malvoyantes soit écoutée dans les différents projets urbains.

«L’objectif est que les urbanistes se posent des questions sur l’aménagement du territoire lors de la conception des plans et travaux, on leur bande les yeux pour qu’ils comprennent ce que vivent les non-voyants», Yvon Provencher, agent de développement et de communication au RAAMM.

 

Inclusion et intégration sociale

Avec près de 300 membres et environ 75 bénévoles, le RAAMM a pour mission, depuis 1981, de travailler sur des tables de concertation, des comités de travail,  avec les arrondissements ainsi que la Ville de Montréal, pour faire la promotion et défendre les droits des personnes qui ont une déficience visuelle dans Montréal, Laval et la Montérégie.

Des ateliers de cuisine collective, de yoga, ou encore de pilates sont offerts aux membres, tout comme de l’aide dans leurs tâches quotidiennes.

Selon l’Office des personnes handicapées du Québec, on estimait en 2011 à plus de 75 000 le nombre de personnes de 15 ans et plus, vivant avec une incapacité liée à la vision dans la région de Montréal. En 2012, 1,6 % de la population québécoise avait une telle incapacité (environ 101 770 personnes).

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