Nouvelle étape contre l’éventuelle implantation de l’entreprise Ray-Mont Logistiques, sur les terrains du secteur Dickson. Des citoyens ont décidé de faire appel à leur Droit à l’initiative en consultation publique.

Ces citoyens de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve sont allés au bureau du greffe de l’arrondissement, afin d’y déposer leur formulaire dans le cadre du processus de Droit à l’initiative en consultation publique. Ils réclament une discussion à propos de l’avenir du secteur de la « Cité de la logistique ». Julie Morissette, l’une des citoyennes à l’origine de la requête, explique : « Nous demandons une consultation car nous ne voulons pas que l’arrondissement nous présente quelque chose et nous dise « Qu’en pensez-vous ? « . Nous voulons être consultés avant de décider quoique ce soit et que les élus nous demandent ce que nous voulons pour ce secteur. »

Développer le secteur durablement
Dans le formulaire qu’ils ont déposé, les citoyens espèrent que «l’ensemble des acteurs de la collectivité [pourra] proposer des balises d’aménagement et de développement qui sont à la fois fondées sur des critères économiques et socio- environnementaux. »

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Les résidents de la zone savent que la « Cité de la logistique» est un pôle important de la Ville de Montréal et de leur arrondissement : « Nous ne sommes pas naïfs, c’est sûr qu’il faut tenir compte du positionnement du secteur Dickson et de la stratégie maritime du lieu, mais il faut le faire dans le respect de la trame résidentielle qui est située à 500 mètres. On veut un développement économique durable mais dans le respect de la qualité de vie des résidents. » détaille Julie Morissette.

Les citoyens évoquent notamment l’exemple du Technopôle Angus, qui a su faire émerger une zone industrielle qui ne créée pas d’enclave avec son voisinage et n’entraine pas de dévitalisation du secteur.

L’opposition soutient
Projet Montréal appuie l’action des citoyens de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. La conseillère de la Ville, Laurence Lavigne Lalonde salue leur détermination et réclame une planification qui tienne compte de toutes les conséquences qu’entraine l’implantation d’une entreprise dans une zone résidentielle.

« Il faut penser les équipements collectifs, comme les commerces, les moyens de transport en commun, etc, qui vont accompagner l’industrie qui va s’implanter. Il faut s’assurer que le projet choisi soit bénéfique à tout l’arrondissement et pas juste au secteur industriel. Les gens doivent être consultés sur ce qu’ils veulent et pas seulement sur le règlement d’urbanisme de la zone. »

Elle soupçonne en effet le maire de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve de vouloir consulter les citoyens seulement à ce sujet-là. Lors du dernier conseil d’arrondissement, le 4 octobre dernier, le maire a évoqué la mise en place d’une consultation publique, mais est resté très nébuleux sur le sujet et la date.

Le non puis le oui de l’arrondissement
D’abord opposé à l’implantation d’une entreprise de transport de marchandises, le maire, Réal Ménard, devait déposer une modification au règlement d’urbanisme pour interdire l’entrepôt, les activités de marchandise en gros, le transport et la distribution sur les terrains du secteur Dickson. L’idée était de changer la vocation du secteur pour le transformer en une zone qui apporterait quelque chose aux résidents, notamment des emplois.

Mais l’arrondissement n’a finalement jamais entériné son projet. Il a même fait machine arrière lors de la séance du conseil du 6 septembre, en déposant une modification au règlement d’urbanisme, qui intègre un plan d’implantation et d’intégration architecturales (PIIA), ce qui n’empêchera pas le promoteur Ray-Mont Logistiques, propriétaire du terrain, de s’installer sur le secteur de la « Cité de la logistique ».

Pour la suite
À la suite du dépôt du formulaire, le greffe de l’arrondissement a 14 jours pour décider si la demande est recevable ou non. Si elle l’est, les citoyens auront alors 90 jours pour réunir 5000 signatures de résidents de l’arrondissement en faveur de cette consultation. Si elle est refusée, la demande de consultation publique peut être déposée auprès de la Ville Centre, mais cette fois-ci il faudra réunir 15 000 signatures de Montréalais pour que la consultation se concrétise.

Et il se peut en effet que la demande de consultation publique soit refusée parce que malgré les travaux déjà entrepris sur le site pour le décontaminer, aucun projet n’a été officiellement déposé par l’entreprise Ray-Mont Logistiques. Mais l’idée de Mr Charles Raymond de mettre en place une plate-forme intermodale pour faire transiter des produits agricoles vers le port de Montréal est en tout cas soutenue par le port de Montréal et par le Canadien National (CN).

Le maire Réal Ménard a indiqué qu’il commentera plus tard la démarche citoyenne.

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