FELIX O.J. FOURNIER TC MEDIA (51 Le nombre de dépassements sonores de nuit enregistré à la station Pierre-de-Coubertin est de 215.

EXCLUSIF logoLes riverains du chantier de l’autoroute 25 vivent avec des niveaux de bruit très souvent supérieurs aux normes établies par le ministère des Transports. Depuis le début du mois de mai, plus de 1265 dépassements sonores ont été enregistrés dans les cinq stations situées sur le territoire de Mercier-Est, selon des données compilées par TC Media.

Du 1er mai au 31 août, 57% des dépassements sonores sont survenus à un moment ou un autre de la nuit, soit entre 23h et 7h.

À la station Pierre-de-Coubertin, la situation est récurrente. Le nombre de dépassements sonores de nuit y est de 215, comparativement à 18 de jour (de 7h à 19h) et 69 de soir (19h à 23h).

Et ce, malgré le fait que le chantier se situe à environ 14 mètres des résidences et la présence du mur antibruit de la rue Curatteau.

«Nous sommes habitués de vivre avec le bruit de l’autoroute 25, mais à plusieurs occasions c’était vraiment insupportable. J’ai même dû m’exiler à la campagne pendant mes vacances», admet M. Lafleur, un résident du secteur.

 

À la station de la rue Lecourt, les nuits du 7, 9 et 27 juin ont été particulièrement éprouvantes pour les citoyens. Les dépassements sonores ont été continuels entre 1h30 et 4h30.

«Je ne suis pas surprise, avoue Mme Boucher qui habite rue Lepailleur dans le secteur. J’ai participé à la consultation publique de l’automne dernier, où j’avais soulevé mes craintes (bruit). Elles se sont confirmées.»

Le portrait pour la période donnée ne peut toutefois être complet. La station de l’Allée des infirmières n’est entrée en fonction que le 26 mai.

De plus, des problèmes techniques ont affligé les diverses stations à certaines périodes précises. Lors de ces moments, aucune donnée n’est disponible.

Ce fut notamment le cas à la station Sherbrooke, les 22, 23 et 24 mai en fin de journée.

Les dépassements sonores incluent autant les dépassements modérés (de 1 à 2dB de plus) que les dépassements perturbés (plus de 2dB)

Mesures d’atténuation
Lors des consultations publiques de l’automne dernier, les représentants du ministère avaient affirmé que des mesures d’atténuation seraient mises en place pour contrôler le niveau de bruit.

En cas de dépassement des seuils autorisés, les travaux devaient être suspendus afin d’apporter les correctifs appropriés.

L’entrepreneur devait aussi installer des silencieux sur la machinerie utilisée ou ériger des enceintes acoustiques ou des murs antibruit temporaires pour limiter la propagation du bruit.

Il a toutefois été impossible de vérifier ce qui a véritablement été réalisé et si le chantier avait fait l’objet d’interruption, puisque le ministère n’a pas répondu à nos questions.

Des limites permissives
Les limites à respecter fixées par le ministère des Transports ont été établies en tenant compte des niveaux sonores ambiants avant les travaux, auxquels on ajoute 5 décibels (dB).

Ces seuils diffèrent selon les secteurs dans lesquels les stations se trouvent et également en fonction de la période de la journée. La nuit, ils varient de 57dB à 67dB, alors que le jour ils sont de 75dB pour toutes les stations.

Ces limites dépassent de beaucoup celles recommandées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), fixées à 55dB le jour et 40dB la nuit.

Dans un avis scientifique de l’Institut national de Santé publique du Québec (INSPQ) remis au gouvernement il y a un an, les chercheurs s’inquiétaient de l’impact du bruit environnemental sur la santé des gens qui y étaient exposés de façon continue.

L’avis recense de nombreuses études qui démontrent les différents impacts possibles du bruit environnemental sur la santé physique (perturbations du sommeil, hypertension, infarctus du myocarde) et psychosociale (nuisance, effets cognitifs, difficultés d’apprentissage).

«Bien que le bruit des chantiers soit généralement limité dans le temps et dans l’espace, c’est une source de nuisance clairement identifiée, notamment à cause du type de bruit (impacts/impulsionnels) et de l’horaire des travaux. La pollution sonore peut s’étendre sur plusieurs années dans les cas de projets de grande envergure», peut-on lire dans l’avis.

Rappelons que la fin du chantier de l’autoroute 25 est prévue pour l’automne 2018.

 

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