La députée de Bourassa-Sauvé, Rita de Santis, affirme s’être assagie près d’un an après sa nomination surprise au sein du cabinet Couillard, regrettant ses quelques excès de langage controversés. Alors que son nom est évoqué dans les rumeurs de remaniement ministériel, elle se confie au sujet de sa première année au conseil des ministres.

Depuis quelques semaines, le bruit court qu’un jeu de chaises musicale pourrait s’orchestrer au sein du cabinet du premier ministre Philippe Couillard. La ministre de l’Accès à l’information et de la Réforme des institutions démocratiques craint-elle de perdre son siège au conseil?

«Je ne pense jamais à ces choses-là, je ne contrôle pas ce que le premier ministre va décider. J’essaye de faire de mon mieux, répond la députée de Bourassa-Sauvée qui a rejoint le gouvernement libéral le 28 janvier 2016.

Des «peanuts» regrettés
Depuis ses débuts auprès de l’équipe Couillard, la députée de Bourassa-Sauvé n’a pas manqué de faire parler d’elle, surtout pour deux bourdes qui ont défrayé les manchettes.

Le 8 avril, en point de presse, elle qualifie de «peanuts» les objectifs de financement fixés à 150 000$ pour certains ministres libéraux par le passé, provoquant la grogne de l’opposition.

«Je regrette le tort que ça ait pu faire. Je ne voulais pas dire que 150 000$, c’était des peanuts. Ce que je voulais dire, c’est qu’on avait fait beaucoup de chemin depuis 2010 pour assainir les contributions aux partis politiques. Je suis très fière de ce qu’on a fait», assure-t-elle aujourd’hui.

«Il faut que je fasse attention»
Le 19 mai, à Montréal-Nord, la ministre provoque, de son propre aveu, «une émeute» en s’emportant en public contre l’une de ses anciennes enseignantes qui l’avait traumatisée.

Lors d’une rencontre entre élus et organismes pour évoquer un projet visant la jeunesse de l’arrondissement, Rita de Santis avait déclaré: «Ma maîtresse m’a dit: « ma chérie, tu ne vas jamais réussir dans la vie, tu parles avec un accent italien. Alors oublie-le. » Toute personne qui parlerait à un enfant comme elle m’a parlé devrait être tuée, massacrée, jetée je ne sais pas où.»

Depuis, jure-t-elle, «j’ai appris.»

«Ce n’est pas du tout ce que je voulais dire. Il faut que je fasse attention. Personne ne m’a rien dit. Moi-même, j’ai réalisé que les mots utilisés vont peut-être être plus importants que mon message», insiste-t-elle, précisant qu’elle peut «crier très fort, mais [qu’elle n’est] pas violente.»

«Je crois que je suis intègre»
Rita de Santis espère poursuivre son travail, malgré un remaniement attendu courant janvier.

«Je crois que je suis intègre et que je travaille fort. Je peux faire mieux, tout le monde peut faire mieux. Si ces deux petits péchés-la sont des péchés mortels…», indique-t-elle, sans terminer sa phrase, avant d’expliquer, dans un large sourire, être «bouillante».

«J’essaye de me contrôler un peu plus que je ne le faisais. Mais je suis d’origine italienne, qu’est-ce que voulez», glisse-t-elle en riant.

La ministre prépare un projet de loi sur l’accès à l’information qu’elle voulait déposer avant Noël, «mais avec la grève des légistes, c’est devenu impossible». Elle a également lancé une campagne de sensibilisation sur la protection des renseignements personnels auprès des jeunes.


Priorité aux logements à Montréal-Nord

L’accès à un logement décent fait partie des priorités de la députée de Bourassa-Sauvé à Montréal-Nord. «Ça me tient beaucoup à cœur», glisse celle qui assure visiter régulièrement des projets d’habitation communautaire pour les ménages à faibles revenus.

Échaudée par des rénovations manquées ces dernières années, l’élue ne veut pas que «les erreurs du passé se répètent». «Je veux m’assurer que l’argent mis dans le système se rend aux gens qui en ont besoin», clame Rita de Santis, qui assure discuter de ce thème avec les élus municipaux et fédéraux présents à Montréal-Nord.

L’ex-avocate, qui se dit «contente» de la baisse du taux de décrochage ces dernières années dans les établissements scolaires de l’arrondissement, tient également à «valoriser les personnes qui jouent un rôle important aux enfants, qui vont leur donner le goût d’apprendre».

«Ce ne sont pas les immeubles ou les piscines qui nous donnent une bonne éducation. Ce sont les personnes qu’on rencontre, qui vont nous accompagner. Ceux que j’ai connues ont fait une différence pour moi.»

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