Avec ses 27 hectares, ses quelque 17 000 vignes, son écurie et ses chevaux, rien à La ferme Souffle de vie ne laisse deviner que l’endroit est en milieu urbain. Pourtant, tout près de la sortie d’autoroute à Senneville, c’est la campagne sur les terres de l’unique vignoble de Montréal. Les raisins qui y seront récoltés à l’automne devraient d’ailleurs se retrouver dans les toutes premières bouteilles mises en vente l’an prochain.

«Nous avons une très belle production, elle sera d’environ 10 tonnes cette année», estime Philippe Druelle. Soulevant les filets installés autour des vignes pour les protéger les fruits des oiseaux, le propriétaire montre fièrement les grappes colorées.

Parmi les variétés qui poussent dans les rangées de vignes d’une superficie de 7 hectares, il cultive du merlot, du pinot noir, du chardonnay et du chenin blanc, un cépage qui lui rappelle tout spécialement les parfums de Touraine, en France, d’où il est originaire.

«Je suis né dans les vignes en Touraine. Depuis des générations, dans la famille, avoir une ferme est une tradition. Cultiver et s’occuper des terres a toujours fait partie de ma vie», raconte le résident de Senneville.

Le climat particulier observé sur le territoire est étonnamment propice à cette culture. Située sur un plateau par rapport au lac des Deux-Montagnes, cette portion de l’Ouest-de-l’Île bénéficie de l’air chaud ascendant, qui est conservé par les arbres environnants. «C’est environ trois degrés au-dessus des autres endroits. Mais trois degrés multipliés par X nombre de jours et sur plusieurs mois, ça fait une grande différence», remarque-t-il.

Chaque hiver, les vignes de chardonnay sont néanmoins couvertes par 17 km de toile épaisse destinée à les protéger du froid.

Le cœur du vignoble
Le chai, soit la maison où est fabriqué le vin, viendra bientôt s’ajouter sur l’imposant domaine. Bâtiment nécessaire à l’obtention du permis d’exploitation, il représente l’étape finale du processus pour être autorisé à vendre ses produits.

«Les vins sont réalisés de façon expérimentale depuis deux ans. La demande de certification est en cours auprès de la Société des alcools du Québec (SAQ). Or, il faut avoir construit le chai pour obtenir le permis. Nous en sommes présentement à terminer les plans et prévoyons commencer les fondations cet automne», annonce M. Druelle, en désignant le lieu où le bâtiment sera érigé. Il sera tout près de jeunes vignes plantées au cours des deux dernières années, espace qu’il nomme affectueusement «la nurserie».

«Habité»
L’ail et les asperges font également partie des plantations de La ferme Souffle de vie. Toutes les cultures étant entièrement biologiques, la propriété est en attente de validation pour la certification Ecocert.

Fier du caractère naturel préservé de ses terres, le producteur mentionne que celui-ci favorise par ailleurs une riche biodiversité.

«Quand nous sommes arrivés, il y avait les sauterelles, les papillons; ça grouillait de vie comme ce n’est pas possible. Le père et le grand-père de la personne qui était ici avant nous n’utilisaient aussi aucun pesticide et produit toxique. C’était une terre vierge, explique le vigneron. Il y a des tortues, plusieurs oiseaux migrateurs et même le merle bleu, une espèce en voie de disparition qu’on a contribué à réintroduire. C’est très habité, il y a beaucoup de monde», sourit-il.

Ostéopathe de profession, l’homme partage son temps entre son métier et le domaine. Derrière le travail investi dans ce projet depuis l’acquisition, en 2011, se profile d’abord une histoire de famille et de passion.

«Ma femme monte à cheval et ma fille Victoria également. Elle fait des concours de dressage depuis son plus jeune âge et c’est elle qui est responsable de l’écurie ici», indique celui dont le fils a plutôt suivi ses traces et choisi l’ostéopathie.

De spacieuses installations sont mises à la disposition des chevaux. Sur la trentaine de bêtes qui y résident, huit appartiennent à la famille. La plupart des pensionnaires, des chevaux de compétition, s’entraînent à l’aréna de l’écurie. «Les dimensions sont immenses, on peut y entrer un terrain de dressage de niveau olympique.»

Questionné à propos de la période des vendanges qui arrive, Philippe Druelle souligne qu’il est impossible de savoir précisément quand viendra le temps de la récolte. «On sait que ce sera en septembre-octobre, mais on ne connaît pas encore la date exacte. C’est la vigne qui nous le dira», explique-t-il, ajoutant que des appareils de mesure utilisés permettent de déterminer quand le raisin est prêt.

L’homme envisage «Le Vin de l’île» comme nom. Fidèle à la tradition familiale, il confie que la qualité demeure à la fois et son principal défi et sa première préoccupation.

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