Getty Images/iStockphoto Salamandre de Jefferson

Plusieurs espèces fauniques et florales rares seraient menacées par le projet de développement immobilier de Cap Nature dans Pierrefonds Ouest selon deux études commandées par la Fondation David Suzuki.

Selon Marie-Ève Roy de l’Institut des sciences de la forêt tempérée de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), la couleuvre brune, le goglu des prés et la salamandre complexe de Jefferson devraient être protégés.

Mme Roy avance aussi que des espèces florales de grand intérêt peuplent le territoire de l’Anse à l’Orme comme l’aigremoine pubescente, mais aussi une espèce que l’on croyait disparue du territoire de l’île de Montréal depuis au moins une quinzaine d’années, la sanicle du Canada.

«On croyait qu’il n’y en avait plus dans la région. C’est une nouvelle découverte. Je crois qu’il n’y a pas plus d’une vingtaine au Québec. On comprend bien que si l’habitat de cette espèce est détruit, on risque de la perdre pour de bon», explique Mme Roy.

Connectivité
Selon la deuxième étude, le développement immobilier dans Pierrefonds-Ouest réduirait de 27% la connectivité écologique du territoire, c’est-à-dire la capacité des animaux à s’y déplacer. Cette caractéristique serait un élément crucial à la survie des amphibiens et des reptiles qui peuplent l’endroit.

«Le développement générerait beaucoup de mouvements potentiels de 300m et plus pour ces espèces. Elles ont des capacités de déplacement très faibles et ce serait impensable pour elles de couvrir ces distances, explique, Jérôme Dupras, professeur au département des sciences naturelles de l’UQO. Ça équivaudrait à les confiner à un espace naturel plus petit et leur capacité de survie en serait beaucoup diminuée».

À la lumière du résultat des études présentées le 23 février au centre-ville de Montréal, la Fondation David Suzuki a pris officiellement position contre le projet Cap Nature.

«Il faut qu’on interpelle les instances gouvernementales provinciales et fédérales parce qu’elles ont des responsabilités. Dans l’immédiat, il faut qu’il y ait une halte à tout avancement du projet», affirme Jean-Patrick Toussaint, chef des projets scientifiques à la Fondation David Suzuki.

Réactions
Rejoint près d’une semaine après la publication des études de l’UQO, le maire de l’arrondissement Pierrefonds-Roxboro, Dimitrios (Jim) Beis indique qu’il est trop tôt pour prendre position. «C’est sûr que c’est quelque chose qu’il faut prendre en considération, mais avant tout, nos services doivent analyser ces études».

M. Beis souhaite que les résultats des études soient inclus dans la consultation publique de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM).

Quant au consultant en environnement représentant les cinq promoteurs du projet, David Cliche, rappelle que ce sera le ministère de l’Environnement qui décidera de la validité environnementale du projet.

«Tous les projets ont des impacts. Mais c’est au ministère de l’Environnement de décider et ultimement d’autoriser le projet. Ce n’est pas la Fondation David Suzuki ou l’Université du Québec en Outaouais qui a le droit de vie ou de mort sur ce plan», soutient le consultant en environnement représentant les cinq promoteurs du projet Cap Nature, David Cliche.

Une demande d’autorisation pour le projet Cap Nature devrait être présentée au ministère de l’Environnement dans les prochaines semaines.

16 espèces ayant un statut particulier c’est-à-dire d’espèces menacées, vulnérables ou susceptibles d’être ainsi désignées sur le territoire à développer à Pierrefonds-Ouest:

Faune:
Couleuvre tachetée
Couleuvre brune
Pygargue à tête blanche
Goglu des prés
Hirondelle de rivage
Hirondelle rustique
Sturnelle des prés
Hibou des marais
Quiscale rouilleux
Bruant sauterelle

Flore:
Érable noir
Aigremoine pubescente
Le Caryer Ovale
L’Athyrie à sores denses
Noyer cendré
Sanicle du Canada

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