Photo: courtoisie

Deux hommes de Montréal-est ont été arrêtés dans le cadre du démantèlement d’un réseau de 13 présumés pédophiles accusés de possession, distribution et production de pornographie juvénile. Simon Brochu, 34 ans et André Faivre, 67 ans, qui sont colocataires sur l’avenue Georges V, font face respectivement à quatre et onze chefs d’accusation.

Le plus jeune est accusé entre autres d’avoir distribué et possédé de la pornographie juvénile. André Faivre, quant à lui, est accusé de production, distribution et détention d’images ou de films pornographiques mettant en scène des mineurs. Il fait face également à une accusation pour détention illégale d’arme à feu.

Chorale pour jeunes garçons
André Faivre gérait l’entreprise Les amis de toutes les minorités sexuelles qui, peut-on lire sur le site web, «est née avec et pour nos amis pédophiles et pédérastes». Sa mission est «d’offrir la même écoute attentive et respectueuse à toutes les minorités sexuelles taboues». L’organisme est au registre des entreprises du Québec.

Il avait aussi lancé une chorale, le chœur des P’tits loups, en 2005, puis, en 2007, la fondation Luminescence qui apporte un «soutien au développement du chant choral chez les enfants et principalement chez les garçons». Aucune des deux n’est répertoriée par l’alliance des chorales du Québec.

Sur son site personnel, M. Faivre se dit «éducateur spécialisé depuis les années 70», dont les champs d’expertise vont de «l’accompagnement des victimes d’actes criminel» à la «gestion d’artistes» en passant par «l’écriture de communiqués de presse».

Il était également directeur général des Monnaies du Québec, dont Simon Brochu, son colocataire et coaccusé, s’occupait des solutions informatiques. Ce dernier est quant à lui à l’origine d’une petite entreprise d’animation en bibliothèque, le Raton-Lecteur, qui offre des activités pour «un meilleur apprentissage».

À la bibliothèque de Montréal-est, Francine McKenna, directrice de la communication assure n’avoir jamais fait appel à ses services, «et heureusement ! Nous traitons avec des entreprises reconnues, qui ont fait leurs preuves ailleurs, qui ont des références. Mais cette histoire nous rappelle qu’on n’est jamais assez prudent».

À cet instant, il n’était pas possible pour TC Media de savoir si Simon Brochu a eu l’occasion de tenir des activités avec le Raton-lecteur dans l’un des établissements de Montréal.

Choc
La nouvelle de l’arrestation des deux colocataires a choqué le voisinage. Deux voisines qui ont tenu à garder l’anonymat témoignent. «Lorsqu’on les croisait, ils détournaient le regard. Ce sont les seuls avec qui nous n’avons jamais eu de contact.» D’après cette mère de famille, «ce sont des personnages pas très sociables, qui ne parlaient à personne. Tout le monde les trouvait bizarres».

Une autre voisine a été mise au courant de l’arrestation des deux colocataires par son voisin d’en face : «C’est sûr que cela fait réfléchir. On sait que des gens comme ça existent. Mais là, dans notre rue… dans notre quartier!».

Une longue enquête avec infiltration
L’enquête a débuté en avril 2013 d’après la Sureté du Québec, notamment à la suite d’informations reçues de la part du public. Près de 150 policiers ont participé à cette opération. Un agent se serait d’ailleurs infiltré parmi les membres présumés du réseau pédophile pendant près d’un an, selon La Presse. Le policier aurait échangé avec les accusés et aurait même eu des rencontres avec eux.

Selon le quotidien, ce serait André Faivre qui aurait lancé le forum de discussion dans lequel les présumés pédophiles auraient échangé, au sujet de leurs expériences personnelles et partagé des astuces pour approcher des mineurs. M. Faivre est d’ailleurs accusé d’avoir conseillé un ou plusieurs autres individus à perpétrer une infraction sans que celle-ci ne soit commise.

 

Aussi dans Actualités :

Nous sommes présentement en train de tester une nouvelle plateforme de commentaires sur notre site web. Grâce à Facebook Comments, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!