Johanna Pellus/TC Media Le CEJFI a profité d'un cours sur le lancement d’une entreprise en petite enfance, où plusieurs élèves sont intéressées par la formation «Initiation et Conscientisation au numérique», pour présenter le projet DIGIGIRLZ.

À l’initiative du Centre d’encadrement pour jeunes femmes immigrantes (CEJFI), elles seront une quarantaine, récemment arrivées à Saint-Laurent, à apprendre à coder grâce à une initiation à la programmation. DIGIGIRLZ est l’un des premiers projets du mouvement Wi-Filles Montréal, qui vise à lutter contre l’illettrisme numérique.

«Elles ont souvent des diplômes traditionnels, mais pas en numérique, indique la directrice du CEJFI, Régine Alende Tshombokongo. Il est important qu’elles se tournent vers ces métiers de l’avenir qui paient bien, car tous les domaines ont besoin de l’informatique.»

Le projet DIGIGIRLZ offre une formation de 16 semaines en développement et programmation ainsi qu’en lancement d’une entreprise numérique. Les enseignants et les contenus sont chapeautés par la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB).

«L’idée est de les introduire à cette industrie, sans faire un diplôme d’études professionnelles (DEP) de 1 800 heures, explique le coordonnateur de l’entrepreneuriat à la CSMB, Hafedh Ben Taher. Nous répondons ainsi à notre mission d’éducation et favorisons l’employabilité.»

Gratuité
Grâce à l’implication de plusieurs entités, dont l’arrondissement Saint-Laurent, et à une subvention de 150 000$ du ministère de l’Économie sur deux ans, le CEJFI et la CSMB sont en mesure d’offrir le programme gratuitement en plus d’offrir une prime de 150$ par finissante. Les cinq meilleures étudiantes recevront 300$ supplémentaires. L’objectif est d’attirer davantage de femmes dans les filières numériques.

Le CEJFI note que, si les diplômées américaines sont sur la bonne voie pour combler 29% des emplois en informatique en 2020, au Canada, elles pourront en prendre seulement 3%.

Pour Khadija et Hakima, arrivées il y a deux mois du Maroc, cette formation permettrait d’ajouter du savoir-faire à leur bagage. Elles suivent déjà la formation de lancement d’entreprise en petite enfance et aimeraient aussi être capables de développer des publicités en ligne, par exemple.

Cela fait 10 ans que l’organisme cherche à comprendre les facteurs qui empêchent les femmes de choisir les sciences, technologie, génie et mathématiques (STEGMA) par des ateliers. La formation s’inscrit dans cette continuité.

Afin de mobiliser et sensibiliser le plus grand nombre, une Journée DIGIGIRLZ sera organisée l’année prochaine. Des femmes inspirantes, comme des ingénieures, seront présentes et une heure de code sera offerte.

Si les activités sont ouvertes en priorité aux femmes de moins de 35 ans, tous sont bienvenus, car l’implication de la famille est importante au CEJFI. Les maris, pères et frères sont donc admissibles, mais en nombre limité.

La formation aura lieu aux endroits suivants:

  • CEJFI et Centre de formation professionnelle Léonard-De Vinci, Saint-Laurent
  • Cégep Bois-de-Boulogne
  • Collège de Rosemont
  • Cégep Marie-Victorin

20 ans

Arrivée au Québec en 1997, la Congolaise d’origine Régine Alende Tshombokongo a ouvert un an après le Centre d’encadrement pour jeunes femmes immigrantes (CEJFI) dans sa cuisine. Vingt ans après, l’organisme dispose de locaux sur le boulevard Édouard-Laurin et aide des centaines de jeunes femmes immigrantes de 12 à 35 ans.

«J’avais une grande vision, se souvient Mme Alende Tshombokongo, qui a géré pendant trois ans le CEJFI depuis chez elle. Je recevais ensuite les filles dans un petit bureau au CLSC, mais je voulais grandir, alors je suis partie. En créant un nouveau bureau, j’ai pu obtenir des subventions.»

Même si le financement se fait par projet, l’organisme peut avoir jusqu’à 14 employés. Il a également reçu de nombreux prix, dont celui du Gouverneur général du Canada en 2012.

«Les gens reconnaissent ce que nous avons fait pour l’avancement des femmes au Québec, souligne la directrice. Nous voulons les voir occuper tous les postes, en management comme en politique. Elles ne sont pas venues au Québec pour rester stationnaires.»

Mme Alende Tshombokongo y va avec une démarche positive, évitant de parler de racisme aux jeunes femmes, mettant de l’avant leurs compétences et leur honnêteté.

Le CEJFI offre aujourd’hui de nombreuses formations, notamment en lancement d’entreprise en coiffure et en maquillage ainsi que des services comme le soutien psychosocial.

Pour plus d’infos
cejfi.org
514 744-2252

Aussi dans Actualités :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!