L’anglais prédomine dans les entreprises de Saint-Laurent. Plus des deux tiers des 1180 sites sont unilingues ou affichent d’abord leur page d’accueil en anglais. L’étude sur le français dans le commerce électronique de Jean Archambault a été rendue publique par la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) le 19 mai.

Les recherches ont démontré que 31 % des sites d’entreprises dans le secteur de la fabrication et de la distribution de Saint-Laurent disposent seulement d’une plateforme en anglais. Les autres utilisent souvent une traduction automatique Google, jugée de mauvaise qualité.

«On aurait pu croire que le secteur des grossistes et distributeurs, dont le marché est essentiellement local, aurait fait plus de place au français. Il n’en est rien», souligne M. Archambault. Il a été interpelé en février par le refus du gouvernement d’obliger les propriétaires de marques de commerces anglaises d’afficher un générique français au-delà des façades, comme sur leurs sites web.

«Francophones minoritaires»
Le président de la SSJB note que les francophones sont en voie de devenir minoritaires sur l’île de Montréal.

«La proportion d’individus travaillant dans le secteur privé et uniquement en français est passée de 62,5 à 43,7 % entre 1997 et 2010», indique Maxime Laporte.

«Cette étude m’a convaincu que le français recule dans la circonscription de Saint-Laurent», constate à son tour le président du Parti québécois Saint-Laurent, Yves Dumas, qui interpelle le député et ministre Jean-Marc Fournier.

Coûts
La Chambre de commerce de Saint-Laurent – Mont-Royal déplore cette absence du français sur les sites web, mais indique que ce serait plutôt au gouvernement d’agir.

«En majorité, ce sont des petites entreprises qui n’ont pas la capacité de payer pour traduire le site, car ils achètent des modèles déjà préparés en anglais», précise le président William Habib, également vice-président d’une entreprise en électronique qui possède un site bilingue.

123 Compute, un distributeur d’équipements informatiques usagés situé sur le boulevard Décarie, avait un site unilingue anglais au moment de l’étude. La page Web est à ce jour fermée, sous prétexte d’être menacée d’amendes par l’Office québécois de la langue française (OQLF).

«Je ne peux pas mettre mon magasin américain bilingue, c’est juste en argent américain, personne ne va acheter», se défend, en français, le propriétaire, Robert David, qui possède aussi un magasin en Californie.

Lorsqu’on se rend sur son site, un lien nous envoie vers une pétition pour l’abolition de l’OQLF.

«C’est un peu ridicule qu’on dépense tellement d’argent pour des affaires de même alors que le gouvernement québécois n’a pas un sou pour les écoles et pour les routes», se justifie-t-il, sans nier pour autant la valeur du français.

«C’est important les deux langues pour un site canadien, mais si j’ai un site américain qui fournit juste mes clients américains, c’est sûr que je ne vais pas le mettre en français. Peut-être que je vais le mettre en espagnol, il y a plus d’hispanophones aux États-Unis», réagit le propriétaire.

Au moment de mettre sous presse, l’OQLF et Développement économique Saint-Laurent ne souhaitaient pas réagir à l’étude. Le député Jean-Marc Fournier n’était quant à lui pas disponible.

Le porte-parole de l’OQLF, Jean-Pierre Le Blanc, précise que moins de 1 % des plaintes font l’objet d’amendes et qu’elles se règlent généralement à l’amiable.

L’étude est disponible sur : ssjb.com/langlais-progresse-dans-le-commerce-electronique-a-montreal/

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