Gracieuseté En 2015, 200 étudiants-zombies ont distribué plus de 4000 autocollants de consentement dans le cadre de la campagne "Bonbons et bons dons". Leur objectif pour cette année est de 5000.

Vous pourriez vous faire demander plus que des bonbons par les créatures qui frapperont à votre porte le soir de l’Halloween. Déguisés en zombies, des étudiants en sciences de la santé profiteront de cette soirée pour sensibiliser les résidents de Verdun, Griffintown et Westmount au don d’organes.

La campagne «Bonbons et bons dons» est née il y a cinq ans à Sherbrooke, quand des étudiants de la faculté de médecine ont pensé que cette fête familiale serait un bon prétexte pour aborder ce sujet délicat, voire tabou.

Depuis, l’idée s’est propagée aux universités de Montréal, McGill et Laval. Plus de 250 étudiants en sciences de la santé parcourront les rues de la métropole, mais aussi de Sherbrooke, Chicoutimi, Québec et Trois-Rivières.

Leur mission est simple: inciter les gens à parler du don d’organes avec leurs familles. «On distribue des autocollants pour apposer derrière leur carte d’assurance-maladie, mais ils sont surtout symboliques puisque les proches peuvent renverser la décision d’une personne qui a signé», souligne le coordonnateur du projet Bing Yu Chen, aussi étudiant en médecine à McGill.

Présentement, le taux de refus se situe à 40% dans des cas de décès permettant le don d’organes.

Démystifier  
Si certains résidents sont parfois surpris de voir de jeunes adultes sonner à leur porte le soir de l’Halloween, l’accueil est généralement chaleureux.

«Il y a des gens qui nous racontent des histoires qu’ils ont vécu quand des proches sont décédés, d’autres qui nous posent des questions auxquelles on répond de notre mieux», raconte l’étudiant, ajoutant qu’ils respectent toujours le choix de ceux qui préfèrent ne pas aborder le sujet.

La visite des zombies permet souvent de démystifier certains préjugés qui ont la vie dure au sujet du don d’organe, comme l’apparence du corps après l’opération. «On traite toujours la personne comme si elle était encore en vie, alors les sutures sont subtiles», répond-il Bing Yu Chen.

Il se veut rassurant quant au désir des médecins de sauver leur patient, même s’il est un donneur potentiel. «Le don n’est envisagé que lorsque la mort est imminente ou déjà déclarée, et l’opération n’est jamais faite par le médecin traitant, alors il n’y a aucun conflit d’intérêt», soutient-il.

Pour l’étudiant, le don d’organes est une des plus belles actions de la médecine moderne. «C’est ce qui illustre le mieux l’empathie et la solidarité humaine. Et ça a des résultats très concrets.»

Le consentement au don d’organes et de tissus d’une seule personne peut permettre à huit personnes de rester en vie et a une vingtaine d’autres d’améliorer leur qualité de vie. En 2015, 627 organes ont été transplantés alors que la liste d’attente de Transplant Québec comptait 856 personnes en date du 31 décembre.  Malheureusement, 40 personnes sont aussi décédées en attente d’un don.

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