Une étudiante au doctorat en éducation artistique de l’Université Concordia vient de créer une bande dessinée rendant hommage aux femmes de l’entre-deux-guerres qui ont habité Pointe-Saint-Charles.

«C’est notre identité culturelle. C’est important de rendre hommage à ces femmes qui ont eu des vies marquantes», estime Emanuelle Dufour, qui a consacré trois mois au travail de recherche et à la réalisation de la BD La nostalgie heureuse de Pointe-St-Charles.

L’œuvre en noir et blanc créée dans le cadre du programme «Droit à la ville» de l’Université compte sept pages. Il ne s’agit pas d’une histoire linéaire. À l’intérieur des planches graphiques, l’auteure raconte par petites touches des moments de vie dans Pointe-Saint-Charles. Elle nous montre des couturières à la manufacture penchées sur leur machine, des scènes de rue, des femmes âgées qui discutent sur un banc de parc, des enfants qui jouent dans une ruelle.

Puiser dans l’histoire orale
Pour ce retour sur le passé, Emanuelle Dufour s’est notamment inspirée du témoignage laissé par Thérèse Dionne il y a quelques années. Mme Dionne demeurait dans le quartier depuis près de 80 ans quand elle a livré ses souvenirs à la caméra à l’occasion d’un projet sur l’histoire orale de Pointe-Saint-Charles, mené par Parcs Canada et l’Université Concordia.

Pour cette mise en image de la mémoire, Emanuelle Dufour a aussi puisé dans des photos d’archives.

Elle a également intégré un élément très subjectif dans ses planches graphiques: sa grand-mère, Mireille Ranger, décédée le 12 septembre dernier alors que sa petite-fille était en plein travail de production de sa BD. «Elle a grandi dans Hochelaga-Maisonneuve», souligne l’étudiante, qui a découvert lors de son travail de recherche que «l’histoire des femmes des quartiers populaires est assez similaire».

Faire connaître l’histoire
Une soixantaine d’étudiants de Concordia en histoire de l’art, histoire orale, théâtre et éducation artistique ont pris part au projet de recherche historique sur Pointe-Saint-Charles.

Ils ont effectué leur travail en collaboration avec des résidents du quartier et plusieurs organismes, dont Partageons l’espoir. Ce travail de collaboration a fourni aux citoyens l’occasion d’en apprendre davantage sur l’histoire du quartier.

Pour Emanuelle Dufour, il est essentiel que les découvertes faites par les étudiants lors de leurs recherches soient partagées. «Nous avons la mémoire courte au Québec. Il est important de savoir comment s’est construite notre ville, d’où viennent nos grands-parents, soutient-elle. Nous sommes coupés de cette culture, de la réalité de nos grands-parents.»

Partager son travail
Le public a accès à la BD. «Il est important qu’elle soit vue par les gens de Pointe-Saint-Charles», insiste Mme Dufour.

On peut voir son travail et celui d’autres étudiants ayant pris part au projet «Droit à la ville» dans le cadre de l’exposition présentée au Salon Laurette (1950, rue du Centre) le 10 décembre de 13h à 19h et le 12 décembre de 12h à 16h.

On pourra aussi voir prochainement les planches graphiques sur le site http://rtc.cohds.com.

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