Gracieuseté Serge Beaufort (au centre), entouré de ses deux partenaires de Nez rouge, qu’il a rencontré il y a huit ans.

Depuis quatre ans, le temps des Fêtes prend une signification spéciale pour Lyne Desjardins. Entre famille, réveillon et cadeaux, il y a aussi Opération Nez rouge, à laquelle elle s’investit à temps plein, année après année.

Bénévole assidue, Mme Desjardins consacre plus de 25 nuits de décembre à Nez rouge. Depuis 2013, elle se libère du travail pendant un mois, pour se dévouer entièrement à l’organisme.

Si elle est si sensible à la cause, c’est que cette Montréalaise a été touchée personnellement plus d’une fois par les conséquences de l’alcool au volant.

Il y a plusieurs années, deux de ses amis ont été victimes de chauffards.

«Aujourd’hui, ils vivent tous les deux avec de graves séquelles au quotidien, soutient-elle. L’un d’entre eux se déplace en fauteuil roulant.»

Lyne Desjardins, avec Nez Rouge.

Lyne Desjardins, avec Nez Rouge.

C’est toutefois un autre événement, en 2013, qui l’a convaincue à s’engager de façon plus concrète.

«Une amie a perdu la vie, après avoir été frappée par quelqu’un qui avait consommé de l’alcool, explique-t-elle. Je me suis dit que l’alcool au volant était beaucoup plus présent qu’on ne le croit et que je devais trouver une façon de faire passer le message.»

Mme Desjardins a commencé son engagement dans l’organisme comme bénévole sur la route. Elle a ensuite été recrutée par le comité organisateur et depuis, elle est responsable de l’accueil des bénévoles, à la centrale d’Opération Nez rouge, installée dans les locaux du cégep du Vieux-Montréal.

«C’est une tâche que j’adore, mentionne-t-elle. J’aime jaser avec les gens, ça fait partie de moi. C’est certain aussi qu’avec le temps, il y a des liens qui se sont créés. On a développé une certaine amitié, une complicité qui rend notre mois de décembre encore plus agréable. On le fait à la base pour la cause, mais les liens d’amitié renforcissent aussi le lien avec la cause. Ça va de pair.»

Et dans le cas de Mme Desjardins, Nez rouge n’a pas seulement tissé des liens d’amitié, mais aussi d’amour.

«J’ai rencontré mon conjoint à la centrale, affirme la bénévole. On peut dire que chez nous, Opération Nez rouge est devenu une tradition familiale. Mon fils de 18 ans travaille à la centrale avec moi et ça me rend fière qu’il soit sensible à la cause. C’est une belle tradition familiale à perpétuer.»

11 ans de bénévolat
Un autre habitué d’Opération Nez rouge, Serge Beaufort, en est à sa 11e année comme bénévole sur la route.

«J’ai commencé cette aventure-là parce qu’un de mes amis m’avait demandé de vivre l’expérience un soir avec lui. On voit ce que ç’a donné. 11 ans plus tard, je suis toujours là», affirme le bénévole, tout sourire.

Tout comme Mme Desjardins, M. Beaufort est d’avis que les amitiés créées sont inestimables.

«J’ai rencontré mes partenaires d’équipe Nez rouge il y a 8 ans, souligne-t-il. Depuis, on fait notre bénévolat annuel ensemble. On est devenu inséparable.»

Chaque année, le trio de M. Beaufort consacre une dizaine de nuits aux raccompagnements.

«C’est une belle cause et l’ambiance est agréable, continue l’homme. Le fait qu’on soit sur la route amène aussi son lot d’anecdotes. Chaque raccompagnement est différent, chaque personne est différente et c’est ça la beauté de la chose.»

Selon le bénévole, les gens sont de plus en plus conscients des dangers de l’alcool au volant.

«Je remarque vraiment un changement dans l’attitude des gens, surtout dans celle des jeunes. Ils sont davantage sensibilisés à l’importance de ne pas conduire avec les facultés affaiblies. Je suis sur le terrain, j’ai la chance de le constater de mes propres yeux. C’est une grande victoire pour moi. C’est pour cela que je le fais», conclut-il.

Le service de raccompagnement se poursuit jusqu’au 31 décembre.

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