Emmanuel Delacour/TC Media Xavier Peich.

Voulant faire de la bicyclette le moyen de transport par excellence en ville, une entreprise montréalaise s’est résolue à éliminer tous les «irritants» qui lui sont associés.

Dans les bureaux de SmartHalo, quelques dizaines d’employés s’affairent. Ils programment, soudent et assemblent les composantes d’une petite boîte noire, pas plus grande qu’une rondelle de hockey.

Pourtant la liste de ses fonctions est longue: guide GPS, appareil d’enregistrement des déplacements, système d’alarme et phare. «Nous nous sommes longuement interrogés sur les manières de transmettre de l’information aux cyclistes sans les déranger», explique Xavier Peich, co-fondateur et directeur des affaires chez SmartHalo.

En effet, le boîtier n’est pas muni d’un écran d’affichage, mais d’un cercle lumineux qui permet par exemple d’indiquer sur quelle rue tourner. Le tout se fait grâce à connectivité avec le téléphone intelligent de l’utilisateur. On peut ainsi entrer les coordonnées d’un trajet dans son cellulaire, puis le ranger, car la navigation se fait avec les voyants lumineux de l’invention.

Verrouillé par un système magnétique, le SmartHalo ne peut s’enlever que si l’on possède la clef vendue avec l’appareil, le protégeant ainsi du vol. L’idée est de pouvoir laisser presque en tout temps la petite boîte sur le guidon de son vélo. «La recharge qui ne devrait pas prendre beaucoup plus de temps que celle d’un cellulaire, soit quelques heures, permet une durée d’utilisation de trois semaines», assure M. Peich.

Victime de son succès
L’entreprise qui a été lancée il y a deux années a incendié les esprits des cyclistes sur internet.

«Notre campagne de sociofinancement avait pour objectif initial 67 000$, qui a été atteint en moins de 15 heures!» -Xavier Peich.

L’invention, entièrement fabriquée au Québec, a depuis reçu des promesses d’achat venant de 71 pays dans le monde. Près de 6000 personnes ont ainsi effectué des commandes prépayées pour le SmartHalo.

Brassant déjà près de 500 000$ en promesses d’achat et en financement, la pression est grande sur la jeune équipe. «Tout cela apporte tout de même un « challenge ». Par exemple, on entrevoyait la livraison d’appareils dès mai 2016, mais il nous aura fallu la reporter à décembre de cette année», affirme M. Peich.

Ce dernier parlera des défis associés au sociofinancement lors de la rencontre TEDx au Planétarium Rio Tinto Alcan de Montréal, le 28 novembre 2016. «Il ne faut pas croire que c’est plus simple. Lorsqu’on utilise ce genre de plateforme, on ne vend pas seulement un produit, mais aussi une aventure. Les gens veulent savoir comment chaque étape avance, et ça peut être très demandant, dit M. Peich. La bonne exécution de la campagne de financement se révèle encore plus importante que l’idée qui est proposée.»

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