The Associated Press Une fleur a été déposée mercredi sur une des stèles du mémorial de l’Holocauste, à Berlin, à l’occasion de la journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de la Shoah.

Marguerite Élias Quddus est vivante, mais elle est loin d’être indemne. La Shoah, la plus funeste machine de mise à mort jamais inventée par l’Homme, a broyé son enfance, assassiné son père, détruit son innocence. Juive sortie en vie du génocide nazi, elle a raconté mercredi à de jeunes Montréalais un des chapitres les plus sombres de l’histoire.

Marguerite Quddus«J’ai été heureuse jusqu’à l’arrestation de papa», s’est souvenue Marguerite devant 600 élèves du secondaire réunis à la Grande Bibliothèque.

C’était le 21 août 1941, le soir tombait. La Gestapo frappe à la porte des Élias; bientôt, Maurice, le patriarche, est emmené loin de son épouse et de ses filles, sans avoir le temps d’embrasser aucune d’elles. Il ne répondra jamais au «à tout à l’heure» que lui lance sa cadette, Marguerite, à peine six ans et déjà une étoile jaune qui la suit partout. Après une longue survivance dans les camps de Drancy et de Compiègne, Auschwitz aura raison de Maurice, le 19 avril 1942. Un parmi 1,1 million d’êtres humains qui périront dans les fours du camp.

«On m’a volé mon enfance et on a déchiré ma vie», affirme sans hésitation Marguerite. La Shoah ne lui aura pas seulement enlevé celui qu’elle appelle encore «papa»; elle lui aura coûté sa foi.

«Je témoigne pour honorer l’amour et le courage de mes parents, pour lutter contre le fanatisme, les préjugés, les fous de dieu, et pour tous ceux qui ont risqué leur vie pour sauver la mienne.» – Marguerite Élias Quddus

«On me disait: “Si tu pries de toute ta foi, ton papa reviendra.” Or, il n’est jamais revenu. J’ai compris que les Allemands et les collabos priaient le même dieu que moi, et que c’est eux qui ont gagné. Je ne crois plus, sinon en une étoile qui brille et qui veille sur moi dans la nuit: mon père.»

C’est ainsi que dans la noirceur du XXe siècle, Marguerite a trouvé, finalement, sa lumière…

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