J’écoutais attentivement le témoignage de Gérald Tremblay; tout à coup, le son a été coupé. Son non-verbal, à lui seul, était révélateur. Comment a-t-on pu collectivement choisir un maire aussi incompétent pour diriger la plus grande métropole francophone d’Amérique du Nord?

En vérité, on ne l’a pas élu! Il nous a été imposé. Depuis les révélations de l’émission Enquête de Radio-Canada, tous les témoignages mis bout à bout nous parlent du concept d’élection clés en main.

Là, les images du Dîner de cons se sont bousculées dans ma tête. Dans ce film culte du Français Francis Veber, un célèbre éditeur parisien organise chaque mercredi, avec des amis, un dîner où chacun amène avec lui un con qu’il a déniché au hasard. Ensuite, les organisateurs se moquent des cons toute la soirée sans que ces derniers s’en rendent compte. À l’issue du repas, on choisit le champion.

Comme j’aurais aimé être un convive discret des dîners secrets auxquels ont pris part les bonzes de la Ville de Mont­réal. Ce genre de rencontres clandestines qui ont mené au choix du futur maire de Mont­réal par procuration, en 2001.

J’aurais aimé découvrir la description du portrait-robot du candidat idéal, c’est-à-dire un con dont on louangeait les compétences, les qualités et l’importance, dans son rôle de sauveur de la métropole. Mais au fond, son vrai rôle, serait celui de pantin. Sa ville allait être téléguidée par ses commanditaires.

Tout le monde le sait. Si la justice a besoin de preuves factuelles, monsieur et madame Tout-le-monde n’ont pas besoin d’une tonne de procès-verbaux et de milliers d’heures de témoignages pour arriver à un verdict populaire : le vrai boss de la Ville de Montréal a été Frank Zampino.

J’aurais aussi aimé assister à ces réunions secrètes dans les fameux clubs huppés et inaccessibles du Vieux-Port pour mettre des noms sur les vrais commanditaires de Zampino. Est-ce la mafia italienne? Est-ce une autre organisation dont nous ignorons même l’existence? Est-ce une nébuleuse de capitalistes véreux complices de politiciens avides de pouvoir?

Le témoignage de Gilles Cloutier a complété le portrait et mis le dernier clou dans le cercueil de notre démocratie. Il nous a expliqué le «organiser des élections municipales pour des candidats à la mairie en échange de contrats pour des firmes de génie civil et de la construction en cas de victoire pour les nuls».

Après Charbonneau, pour réconcilier le peuple avec les fers de lance névralgiques de l’économie, il nous faut une Instance de vérité et de réconciliation où tout le Québec inc. du génie civil et de la construction sera invité à se repentir, à rembourser l’argent volé et à tourner la page de ces 50 dernières années de déshonneur, de collusion et de corruption.

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