The Associated Press Mohamed Ali en compagnie de Malcolm X, en 1964

Avant de devenir la légende planétaire qu’il est, Mohamed Ali a été à deux doigts d’être jeté en prison et de passer à côté d’une carrière historique à cause de son islam.

En 1964, au lendemain de son premier titre de champion du monde des poids lourds, Cassius Clay a révélé sa conversion à l’islam. À 22 ans, il est devenu Mohamed Ali.

En 1966, celui qui vole comme un papillon et pique comme une abeille a refusé de combattre au Vietnam. Il a revendiqué le statut d’objecteur de conscience, car sa religion lui interdisait de prendre part à une guerre non ordonnée par son Dieu, Allah.

En 1967, pour son insoumission, Mohamed Ali a été condamné à cinq ans de prison. Dans l’attente de son appel à la Cour supérieure des États-Unis, il a perdu sa couronne mondiale, s’est fait interdire de boxer durant trois ans et demi, les plus belles années de sa carrière, et a renoncé à des millions de dollars pour respecter ce que sa conscience lui a dicté. Ali n’est jamais revenu sur ses convictions.

En 1971, dans un espace où il n’y a que la loi, la raison et la règle du précédent qui vaillent, la Cour suprême devait décider si Mohamed Ali était en droit de refuser, pour des motifs religieux, d’aller se battre au Vietnam.

Dans un premier scrutin secret serré, cinq juges sur les huit votants ont maintenu la sentence. La cellule de Mohamed Ali était presque prête à l’accueillir en prison, mais l’acharnement d’un jeune clerc a changé le cours de l’histoire.

Chaque juge de la Cour suprême est secondé dans son travail par des clercs. L’un d’eux, Kevin Connolly, a réussi à convaincre le juge John Harlan de faire pencher le vote en faveur d’Ali!

Le jeune Connolly a déterré l’arrêt Sicurella. En Amérique, depuis 1955, les témoins de Jéhovah ont gagné le statut d’objecteur de conscience, qui les met à l’abri d’être obligés de participer à une guerre non ordonnée par leur Dieu. Et Mohamed Ali, un black muslim disciple d’Elijah Muhammad, disait exactement la même chose.

Après un débat houleux, dans un revirement historique, la Cour suprême des États-Unis a annulé la sentence de Mohamed Ali par huit voix à zéro.

Dans Muhammad Ali’s Greatest Fight, le grand cinéaste anglais Stephen Frears a reconstitué les débats à huis clos qui ont opposé les juges de la Cour suprême américaine dans l’affaire Clay, alias Mohamed Ali, contre les États-Unis d’Amérique. Un document historique à voir.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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