Koshik, comme tous les jeunes de son âge qui habitent la banlieue de Séoul, parle coréen.

Mais ce qui distingue Koshik de ses compatriotes férus de Gangnam style, c’est qu’il pèse plusieurs tonnes. Qu’il habite en cage. Qu’il a été élevé dans les forêts asiatiques avant d’échouer au zoo.

Koshik, en bref, est un éléphant qui mystifie une communauté scientifique médusée par les talents d’orateur du pachyderme.

Bien entendu, Koshik serait incapable d’animer le bingo à la télé coréenne, pas plus qu’il serait capable d’assurer les back vocals du nouveau tube planétaire de Psy.

Son vocabulaire se limite, selon une étude publiée en 2012 dans le journal Current Biology, à six petits mots de coréen – soit six de plus que vous et moi, probablement.

Ces six petits mots, Koshik ne fait pas que les comprendre à la manière d’un chien obéissant à un ordre : il peut les dire. Comment réalise-t-il pareil prodige? En modulant les vibrations de sa bouche à l’aide de sa trompe, de manière à prononcer à la perfection son petit lexique humain.

«Les locuteurs coréens peuvent aisément reconnaître et transcrire» les mots dits par Koshik, relèvent les chercheurs dans le Current Biology. Son vocabulaire tourne essentiellement autour des expressions que ses dresseurs utilisent pour lui adresser la parole, soit «annyong» («salut»), «anja» («assis), «aniya» («non»), «nuo» («couché»), et «choah» («bien»).

La méthode de production de ces mots, soit l’introduction d’une partie du corps dans la bouche – dans le cas de Koshik, sa trompe – de façon à moduler les sons, est sans équivalent dans le monde sauvage, rapportent les chercheurs. Ceux-ci concluent que «le cerveau de l’éléphant peut transférer des informations détaillées entre ses centres auditifs et les centres moteurs qui leurs correspondent», rendant possible le prodige d’un éléphant capable de comprendre et de reproduire le langage humain.

Petite note triste à cette histoire : dès l’âge de 5 ans, Koshik fut le seul éléphant au zoo d’Everland. Loin de ses semblables pendant près de 7 ans, ses seules sources d’interaction furent ses dresseurs. Koshik aurait donc cherché à apprendre le langage de ses geôliers uniquement pour échapper à sa solitude.

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