Pierre Brassard | www.pierrrebrassard.com Certains usagers déposent des pièces dans le gobelet ou flattent le toutou au passage.

Chaque mardi, la journaliste Julie Laferrière et l’humoriste, animateur et illustrateur Pierre Brassard posent un regard original sur les usagers du transport en commun.

Dimanche, 13 h 15, station de métro McGill. Il est là. Assis sagement, pres­que immobile, au pied de l’escalateur. Drapé dans une étoffe à l’effigie du Canadien; le bleu, blanc, rouge lui va bien. Son regard est mélancolique et il semble un peu perdu au milieu de cette foule humaine.
Il s’agit d’un berger allemand qui tient entre ses crocs un gobelet Tim Hortons dont on peut dérouler le rebord pour, peut-être, gagner une voiture.

Je cherche à comprendre où le maître de la bête peut bien se trouver. Peut-être que celui-ci est aveugle? Car ce chien pourrait très bien être guide, malgré l’absence d’un harnais qu’on lui a peut-être retiré momentanément au profit de l’étoffe qui l’habille.

Certains usagers déposent des pièces dans le gobelet ou flattent le toutou au passage. Mais lui ne bouge pas. Imperturbable. Les oreilles pointées vers le plafond, le museau tendu et le regard fixant l’avenir qui s’arrête, pour l’instant, au mur en face de lui.

Les minutes passent, et le maître ou la maîtresse du «Vagabond» ne se pointe tou­jours pas. Je dois passer mon chemin afin d’arriver à l’heure à mon rendez-vous. J’emprunte l’escalier mécanique et regarde s’éloigner le dos de «Rintintin», sur lequel apparaît maintenant, dans toute sa splen­deur, le logo du Canadien.

Je pense alors au Tricolore qui s’est incliné face aux Flyers, mettant ainsi un terme à l’espoir des partisans de voir l’équipe faire les séries éliminatoires. Je pense aux victoires, aux défaites. En général et en particulier. À la fierté, aux déceptions. Aux inquiétudes, aux aspirations. Je pense aux étudiants québécois. Puis, je pense aussi, en ce Jour de la Terre, à tous ceux qui descendent aujourd’hui dans les rues de la ville pour faire entendre leur révolte, leurs désirs, leurs revendications, leurs droits.

Finalement, je pense à ce qui doit nous inspirer en tant que société; un avenir qui ne doit pas être bloqué ni se frapper à un mur, mais bien se présenter tel un horizon vaste peuplé de changements, d’évolution et de visions. Et il serait bon que, devant tous ces possibles, idéalement, le chemin soit tracé par des guides éclairés.

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