On pensait que la trêve demandée aux fédérations étudiantes par la ministre Beauchamp en début de semaine marquait le début d’un temps nouveau. Une ouverture mutuelle à une discussion civilisée pour dénouer l’impasse. Enfin, un peu de gris dans une confrontation polarisée à l’extrême.

Il aura fallu une manifestation, probablement orchestrée par des militants plus radicaux et mécontents de la CLASSE, pour faire achopper l’opération. Par principe, Line Beauchamp a tout de suite «tiré la plug». Pas question de négocier avec la Coalition, qui selon elle, s’est exclue d’elle-même. La CLASSE, devenue maîtresse dans l’art de jouer sur les mots, aura perdu l’occasion d’en appeler au calme et d’être un acteur clé dans la résolution du conflit.

Dommage, car, au moins, le dialogue avait été entamé. On semblait voir le début de quelque chose. L’accessibilité devait être au centre des discussions, mais lucide, la ministre ne fermait pas la porte aux discussions sur le cœur du sujet : les droits de scolarité.

Le gouvernement a aussi mis sur la table des propositions pour bonifier l’aide financière. Les universités ont un bout à faire. La saine gestion ne doit pas être mise de côté juste pour protéger le principe de l’autonomie universitaire. Le financement vient de l’État et une entente de performance entre les partis pourrait sûrement permettre d’échelonner la hausse de 1 625 $ sur une plus longue période.

Il faut dire que les deux tiers des étudiants sont en classe. Cela ne veut pas dire qu’ils soient totalement en accord avec la hausse telle que définie dans le budget de 2011, mais ils souhaitent compléter leur scolarité.

Toutefois, dans le cas d’une éventuelle résolution du conflit, on souhaite que plus jamais on ne gèle les frais pendant une aussi longue période. Une indexation aurait fait évoluer les droits de scolarité de manière raisonnable et aurait évité tout ce gâchis. Évidemment, pour ceux qui défendent la gratuité, ce serait trop peu.

Plusieurs réclament l’intervention de Jean Charest dans le débat pour trouver une solution. Pourtant, c’est le même Jean Charest qui a suscité l’ire de la population en faisant une blague fortement déplacée dans le cadre du salon consacré au Plan Nord.

La ministre dit qu’on doit choisir son camp, celui de la recherche de solution ou celui de la perturbation sociale. On a envie plutôt de choisir le camp de la conciliation.

Avec 73 % de désapprobation dans la population, le gouvernement n’a pas les coudées franches. Chaque geste peut envenimer le débat. Trouvons un médiateur qui puisse apaiser les partis pour que se résolve rapidement ce conflit qui dure depuis trop longtemps.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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