Jacques Boissinot/La Presse canadienne Pauline Marois

Le Parti québécois est une bête étrange. Sa raison d’être est de réaliser la souveraineté du Québec. Pourtant, à voir comment les péquistes s’y sont pris pendant la campagne électorale et depuis le début de leur mandat pour saboter méthodiquement leur option, il est presque permis de se demander si le parti n’a pas été infiltré par des agents secrets anti-séparatistes.

On croirait que la première ministre et son entourage suivent à la lettre un mode d’emploi dont l’objet est de s’assurer non seulement qu’une majorité d’électeurs votera non au prochain référendum, mais qu’elle ne leur donnera même pas l’opportunité d’en tenir un.

Étape 1 : provoquer une crise identitaire.
Il y a «nous». Il y a «eux». Engagez-vous à faire passer des tests de français à tous les Québécois non francophones et à retirer le droit de vote à empêcher de se présenter à des élections (note: oups! distraction!) ceux qui auront échoué. Brûlez ainsi les ponts fragiles construits avec les communautés anglophone et allophone depuis le dernier référendum et laissez augurer des lendemains divisés et difficiles dans un Québec souverain. Du même coup, poussez vers la CAQ – ou même un Parti libéral avec un nouveau chef moins détesté – une légion de nationalistes modérés. Le lendemain, remettez-en et précisez que la mesure ne touchera «que» les nouveaux citoyens…

Étape 2 : provoquer une crise religieuse.
Continuez de souffler le chaud et le froid sur la question identitaire en envoyant une «étrange», qui souhaite décrocher le crucifix de l’Assemblée nationale, tenter de se faire élire en région. Jurez ensuite que le p’tit Jésus est au Salon bleu pour y rester, question de bien démontrer que, lorsque l’État est concerné, c’est deux poids, deux mesures, pour la religion des pure laine et celle des autres. En fin de compte, mécontentez tous les citoyens, qu’ils soient pour ou contre l’idée.

Étape 3 : provoquer une crise linguistique
Tout le Québec, ou presque, s’est habitué à la loi 101? Ressortez l’épouvantail linguistique en promettant d’étendre l’obligation de fréquenter un établissement d’enseignement francophone aux cégeps. Ne faites surtout pas de cas des études qui démontrent que les anglophones et les allophones s’inscrivent au collégial en français en plus grand nombre. Au passage, empêchez des milliers de jeunes adultes francophones de se familiariser avec une deuxième langue et découragez-les eux aussi de voter pour vous.

Étape 4 : provoquer une crise parlementaire.
Comportez-vous de façon majoritaire même si vous avez obtenu à peine le tiers des voix. Gouvernez par décret plutôt que de vous assurer de l’appui de députés des autres partis. Afin de mobiliser contre vous la communauté d’affaires et ragaillardir l’opposition, décrétez une hausse d’impôt rétroactive. Comme il s’agit d’une mesure budgétaire, vous arriverez peut-être, avec un peu de chance, à provoquer la tenue d’élections générales prématurées à la reprise des travaux parlementaires dans quelques semaines. Un malheur est si vite arrivé…

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