Ryan Remiorz Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

TORONTO — Pour la Ligue canadienne de football, il n’y a toujours pas de lien entre les commotions cérébrales subies par les joueurs de ses neuf formations et l’encéphalopathie traumatique chronique (ETC) dont souffrent certains d’entre eux à la fin de leur carrière.

C’est ce qu’a déclaré le commissaire du circuit canadien, Jeffrey Orridge, lors de son allocution annuelle, tenue en marge de la Coupe Grey, vendredi.

«Nous travaillons étroitement avec les communautés médicales et scientifiques. Il y a tout juste un mois, mon vice-président à la sécurité des joueurs (Kevin McDonald) revient tout juste de Berlin, où il assisté à une conférence sur les commotions cérébrales. Vous savez, le lien est toujours matière à débat, mais nous nous enquérons toujours des dernières découvertes en la matière.»

Pressé par un journaliste afin de connaître exactement la position de la ligue, Orridge a répondu: «La position de la ligue, c’est qu’il n’y a pas de preuve concluante au moment où l’on se parle. (…) Nous continuons de travailler avec (les communautés médicales et scientifiques) et surveillons les progrès qu’ils font à savoir s’il y a ou non un lien à tisser (entre les commotions et l’ETC)».

Quand on lui a fait remarquer que la NFL avait admis devant le Congrès américain qu’il y avait un lien entre l’ETC et d’autres maladies du cerveau comme le Parkinson ou la maladie d’Alzheimer et les commotions cérébrales, Orridge a indiqué qu’il ne pouvait pas spéculer ou commenter les avancées faites par le circuit américain dans ce dossier.

La NFL a conclu une entente de plus de 1 milliard $ US avec ses anciens joueurs aux prises avec des maladies dégénératives du cerveau. Questionné au sujet du recours collectif intenté par d’ex-joueurs de la LCF — la ligue est poursuivie pour 200 millions $ —, Orridge ne s’est pas avancé.

«Je ne peux pas commenter sur ce que nous faisons exactement. Je dois respecter le processus judiciaire, alors je ne peux pas commenter davantage.

«Je respecte et j’admire les gens qui ont aidé à bâtir cette ligue et je compatis avec ce qu’ils peuvent vivre présentement. Mais comme je l’ai dit, certains des membres de notre famille ont intenté un recours collectif et je ne peux m’avancer davantage. Mais assurément, sans eux nous ne serions pas là. Alors…»

Malgré tout, le commissaire a indiqué que la santé et la sécurité des joueurs de la LCF demeuraient une priorité pour le circuit canadien.

«Nous devons continuer de nous assurer que nos meilleurs éléments, autant sur le terrain qu’à l’extérieur, demeurent en santé. C’est pourquoi nous nous sommes dotés d’une politique plus sévère en matière de dopage. Nous avons pour la première fois des observateurs pour les blessures lors des matchs. Nous nous soucions de nos athlètes. Cet observateur se trouve dans le centre de commande et peut observer les 24 joueurs. Nous l’avons utilisé 700 fois cette saison pour faire parvenir des vidéos au personnel médical sur le terrain, non seulement pour les alerter, mais les aider à poser un diagnostic.

«Nous avons également changé des règles. Nous avons éliminé les blocs sous les genoux. Finalement, nous mettons toute notre attention sur la reconnaissance des commotions, leur évaluation, leur traitement et leur prévention. Il est d’ailleurs important de signaler qu’il y a eu 20 pour cent moins de commotions en 2016 qu’en 2015: nous avions eu 50 commotions l’an dernier, contre 40 cette année.»

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