Nathan Denette Nathan Denette / La Presse Canadienne

OTTAWA — Marcel Desjardins en a surpris plusieurs à l’occasion de sa première conférence de presse à titre de directeur général du Rouge et Noir d’Ottawa, en 2013, lorsqu’il a affiché de grandes ambitions pour ce qui était alors un club d’expansion. Or, il a eu raison.

«Ce sera un processus, avait-il avisé lorsqu’il avait été présenté aux médias. J’aimerais que nous devenions plus compétitifs lors de notre deuxième saison et lors de notre troisième année, que nous nous battions pour une place dans les séries et peut-être la coupe Grey.»

Trois ans plus tard, Desjardins a de nouveau rencontré les journalistes, cette fois à titre d’architecte d’une formation championne de la coupe Grey. Lors dela 104e finale de l’histoire de la Ligue canadienne de football, dimanche, le Rouge et Noir a défait les Stampeders de Calgary, pourtant largement favoris, 39-33 en prolongation.

Lorsque les médias lui ont rappelé ses propos lundi, Desjardins est retourné en arrière et a parlé de la croissance du Rouge et Noir.

«J’ai certainement cru que c’était possible, a affirmé Desjardins. Vous ne savez jamais exactement comment chaque année va se dérouler, et de toute évidence, la première saison a été plus difficile que ce que nous avions anticipé. Mais le plan était là, même si ce n’était pas le cas des victoires lors de la première année. Nous avons grandi l’an dernier même si nous avons perdu, mais je crois que ça nous a donné une certaine détermination pour faire ce dernier pas et nous sommes chanceux d’avoir réussi (dimanche).»

Bien que l’entraîneur-chef Rick Campbell et le vétéran quart Henry Burris méritent une grande part des éloges pour les exploits du Rouge et Noir, Desjardins a joué un rôle-clé dans les succès de l’équipe.

Desjardins a été mêlé à toutes les décisions, à commencer par l’embauche de Campbell jusqu’aux signatures de joueurs et au développement de la concession à partir de ses assises afin d’inciter des joueurs de qualité à se joindre à l’équipe.

Le résultat final aura été un premier titre pour Ottawa dans la LCF depuis le triomphe des Rough Riders en 1976 grâce à un attrapé de l’ailier rapproché Tony Gabriel au quatrième quart contre les Roughriders de la Saskatchewan.

«Je suis seulement fier d’y être parvenu et fier d’avoir contribué à ramener ce que nous avons ici à Ottawa, c’est-à-dire une première coupe Grey en 40 ans, a déclaré Desjardins. J’ai découvert cette ligue en ’76 quand ce gars de Burlington a réalisé cet attrapé au stade de l’Exposition et j’ai l’impression de boucler la boucle.»

Grâce à ce triomphe, Campbell et son père Hugh, cinq fois vainqueur de la coupe Grey à titre d’entraîneur-chef des Eskimos d’Edmonton, sont devenus le premier duo père/fils à gagner le trophée emblématique de la LCF.

Campbell mentionne que dès le jour où il a accepté le poste d’entraîneur-chef, lui et Desjardins étaient déterminés à créer un environnement gagnant.

«Je me souviens d’une discussion avec Marcel alors que nous n’avions aucun instructeur, aucun joueur, où nous avons convenu d’essayer de former une bonne équipe aussi rapidement que possible, a relaté Campbell.

«Il ne fallait nous imposer aucune limite et tenter de bien faire notre boulot et de travailler tous les jours. Tout le crédit revient aux joueurs pour avoir livré la marchandise.»

Le Rouge et Noir terminera ses célébrations avec un défilé mardi après-midi.

Il y avait cependant un grand absent lors du vol de retour. Burris, le joueur par excellence du match, a choisi de retourner à Ottawa en train en compagnie de sa famille.

Après le match, le vétéran quart de 41 ans a fait savoir qu’il prendrait le mois de décembre pour passer du temps avec sa famille avant de décider s’il allait prendre sa retraite ou disputer une autre saison de football.

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