Paul Chiasson Paul Chiasson / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Kavis Reed se prépare pour cette promotion depuis longtemps.

Avant même de devenir entraîneur-chef avec les Eskimos d’Edmonton — de 2011 à 2013 — il savait déjà qu’il désirait occuper des fonctions administratives. Il a mis toutes les chances de son côté: en plus d’aller compléter un MBA afin de comprendre le côté «affaires» du sport, la négociation de contrats et la convention collective, il a fait appel à plusieurs mentors, dont Jim Popp.

«Jim Popp a été un d.g. phénoménal, a déclaré Reed mercredi, quelques minutes après avoir été confirmé conne directeur général des Alouettes de Montréal. Il a établi ce que nous tenterons de ramener, Jacques (Chapdelaine, confirmé comme entraîneur-chef), et moi: une culture gagnante. J’admirais son travail et quand il m’a approché pour me joindre à l’équipe, je souhaitais apprendre de son expérience. Les circonstances ont fait que la culture gagnante s’est effritée, notammment après le départ d’Anthony Calvillo, mais je veux ramener cette culture.»

Le nouveau d.g. des Alouettes ne compte pas faire languir ses partisans longtemps. Après tout, l’équipe n’a pas connu de saison gagnante depuis 2012.

«C’est notre intention de jouer du football qui nous permettra d’aspirer au championnat dès l’an prochain, a-t-il dit. Notre formation, à ce stade-ci, a déjà été analysée en profondeur. Ce processus se poursuivra. Elle a éprouvé des ennuis depuis deux ans et nous n’avons pas obtenu les résultats escomptés.»

L’un de ses principaux projets sera de dénicher un «quart franchise».

«Dès que j’aurai quitté cette conférence de presse, je me mets au travail! Nous avons des besoins qui doivent être comblés. Plusieurs parlent de la position de quart-arrière. Nous allons nous assurer d’évaluer en profondeur cette position et de prendre les décisions qui nous permettrons de mettre en place un joueur de franchise qui sera secondé par les bonnes personnes. C’est notre principal objectif. C’est un problème qui prévaut depuis trop longtemps au sein de cette équipe.

«Bien sûr, il y a d’autres besoins qui doivent être comblés, comme dans toutes autres organisations, et nous allons saisir toutes les opportunités de nous améliorer.»

Reed insistera sur le talent canadien, qui compose plus de 50 pour cent d’une formation de la Ligue canadienne. Il tentera au cours des prochains jours d’établir de bonnes relations avec tous les programmes universitaires du pays, afin que les Alouettes puissent repêcher le plus efficacement possible.

Mais au-delà du repêchage et du dévelopement des joueurs, Reed a insisté sur la culture gagnante qu’il compte instaurer en compagnie de Chapdelaine.

«Les deux équipes qui étaient à la Coupe Grey comptent sur d’excellents entraîneurs. Quand nous sommes allés à Calgary, j’ai vu comment une équipe qui pousse dans la même direction agit. Il y a beaucoup de joueurs au sein de cette équipe dont je ne reconnaissais pas le nom, mais ils comptent sur de bons entraîneurs, et une forte culture gagnante. Gagner ne dépend pas seulement que du talent. Le talent seul ne vous permet pas d’obtenir du succès à long terme. Ça prend la bonne culture. Nous voulons que nos joueurs se développent, produisent et connaissent du succès.

«Pour ce faire, tous les joueurs et entraîneurs doivent être sur la même longueur d’ondes. Tout le monde doit aussi connaître son rôle afin qu’on connaisse du succès. Les rôles doivent être clairement définis pour tout le monde. Nous croyons que nous ne sommes pas très loin. Oui, certains problèmes sont plus pressants, comme de trouver un quart franchise. Mais nous comptons sur plusieurs joueurs dédiés. Peut-être qu’un léger changement d’environnement leur permettra de devenir de meilleurs joueurs.»

Chapdelaine: pas automatique

Autant chez les partisans que parmi les journalistes couvrant les activités de l’équipe, plusieurs croyaient que le retour de Chapdelaine comme entraîneur-chef allait de soi. Après tout, après avoir remporté quatre matchs sur six, il semblait avoir ce qu’il fallait pour faire tourner le vent.

Il n’en était rien.

«Après avoir dirigé avec Jacques pendant une saison, de l’avoir vu être entraîneur-chef dans cet environnement, c’est certain qu’il avait un avantage. Mais il y avait d’autres personnes qui selon moi étaient qualifiées auxquelles je devais parler, a expliqué Reed. L’autre aspect est que je crois beaucoup en la résolution de problèmes, et pour résoudre des problèmes, il faut connaître les questions. Le fait que Jacques était dans cette organisation lui permettait de savoir où sont les problèmes. Nous devons bouger rapidement afin que cette équipe connaisse du succès et au final, ça a pesé lourd dans la balance.»

Le principal intéressé ne prenait toutefois rien pour acquis.

«J’avais fait mes boîtes, elles sont chez ma soeur, à Sherbrooke. Je vais essayer de passer les chercher ce week-end», a dit sourire en coin Chapdelaine.

«Le sentiment de satisfaction du travail que tu as fait et la confiance ne sont pas liés, a-t-il poursuivi plus sérieusement. Si je n’étais pas entièrement confiant de revenir comme entraîneur-chef, j’avais un contrat de deux ans comme entraîneur des receveurs qui me permettait tout de même de poursuivre.»

Plsuieurs questions ont porté sur le statut d’Anthony Calvillo dans ce nouvel organigramme. Le coordonnateur à l’attaque avait perdu un peu de galon après l’arrivée de Chapdelaine l’an dernier, et il a récemment déclaré que cette période d’incertitude le tracassait un peu.

«Anthony ne fait pas ce travail depuis longtemps, a noté Chapdelaine. Ce n’est jamais facile de vivre cette période d’incertitude, mais c’est une période qui, que tu le veuilles ou non, revient à chaque saison.»

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