VAL-D’OR, Qc — Le Tour de cycliste de l’Abitibi est une épreuve réservée aux juniors. Samedi, les organisateurs ont choisi de donner une grande place aux aînés, ceux qui l’ont mise au monde il y a cinq décennies.

Dans le cadre d’une journée riche en émotions, les dirigeants de l’événement ont immortalisé cinq pionniers lors de l’inauguration du Temple de la renommée du Tour.

Pierre Harvey et Éric Van den Eynde, deux vainqueurs de la première décennie, font partie de ce premier groupe sélect.

Se joignent à eux trois bâtisseurs, dont Léandre Normand, fondateur du Tour en 1969 et son organisateur pendant les dix premières années.

Claude Pagé, qui lui a succédé à la direction générale, jusqu’en 2004, et qui a contribué à en faire un événement international, a lui aussi été intronisé.

Marc Lemay, qui a porté les chapeaux d’athlète, de directeur technique et d’administrateur, incluant dix ans à la présidence de l’Association cycliste canadienne de 1982 à 1992, complète le trio de bâtisseurs.

La ville de Val-d’Or, ville-hôtesse du Tour en 22 occasions, dont 12 années consécutives entre 1999 et 2010, a aussi été admise à titre de partenaire.

Cette initiative cadre avec les célébrations du 50e du Tour et se veut l’aboutissement de démarches mises sur pied il y a deux ans.

Des cérémonies semblables auront lieu lors des deux prochaines années et, par la suite, tous les cinq ans.

«Il y a eu des bâtisseurs, des personnes-clés dans l’organisation qui ont tenu le Tour à bout de bras, mais qui ne sont plus là pour raconter leur histoire. On veut faire en sorte que ces personnes ne soient jamais oubliées», a précisé Suzanne Fortin, présidente du conseil d’administration.

De son propre aveu, Harvey a en quelque sorte lancé sa carrière de cycliste en gagnant le Tour en 1975. Un an plus tard, à l’âge de 19 ans, il était des Jeux olympiques de Montréal.

Harvey conserve un très beau souvenir de ses deux participations à l’événement.

«Ça arrive à un moment où tu as 16, 17, 18 ans et qui est déterminant dans la carrière d’un athlète. C’est là que tu vois si tu as le potentiel de continuer. Tu es habitué à courir dans ta région, ensuite au Québec, et là, tu as des coureurs qui arrivent de l’extérieur du Québec. Le niveau de compétition augmente et souvent, c’est le plus haut niveau de compétition que tu as connu dans ta vie», a décrit Harvey en parlant de son expérience au Tour de l’Abitibi.

Quant à Van den Eynde, son association avec le Tour remonte au début des années 70 et se poursuit encore aujourd’hui. En 1972, ce Québécois d’origine belge est devenu le premier cycliste à signer un deuxième triomphe consécutif en Abitibi. Seulement deux autres l’ont imité.

Il y est revenu au milieu des années 80 à titre d’entraîneur-chef de l’équipe du Québec. Il a été élu directeur sportif par excellence du Tour en 1985, 1986 et en 1994.

«Une telle reconnaissance est toujours intéressante parce qu’à un certain moment de ta vie, tu as été intense et on reconnaît que dans cette période-là, tu as fait quelque chose qui, pour plusieurs personnes, semble extraordinaire. C’est flatteur après autant d’années», a admis Van den Eynde, présent au Tour en 2018 à titre d’adjoint à Pascal Choquette avec l’équipe du Québec.

Retrouvailles

Plus tôt en journée, pendant environ une heure, Harvey et Van den Eynde sont montés sur leur vélo pour participer au Tour des Légendes, en compagnie d’une centaine d’autres anciens participants du Tour.

Du groupe se trouvait Gérald Rocheleau, vainqueur de la toute première édition. Domicilié à Chambly, il n’était pas question que l’homme de 65 ans rate ce rendez-vous.

D’ailleurs, le Tour de l’Abitibi demeure important à ses yeux. Tellement qu’il conserve fièrement chez lui le trophée commémoratif de sa victoire en 1969. Il l’a d’ailleurs apporté avec lui à Val-d’Or.

«Je trouve que c’est un privilège que de venir ici. Déjà que les organisateurs se rappellent de ceux qui ont débuté. On était des pionniers dans ce temps-là, on courait dans des parcs industriels. C’est vraiment agréable de pouvoir retrouver et côtoyer d’autres anciens coureurs.»

M. Rocheleau est toujours un adepte du vélo. En été, il essaie d’en faire une ou deux fois par semaine lorsque la température le permet. Récemment, il a participé au grand défi Pierre Lavoie pour une troisième année.

«J’ai aimé le vélo pour la discipline, pour l’exercice. Par la suite, j’ai joué au hockey et j’avais toujours une longueur d’avance à cause de ma force dans mes jambes. J’aimais en faire l’été avec les enfants, les petits-enfants. Ma fille rêve de me battre!»

Aussi dans Sports :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!