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L’analyste politique Rafael Jacob a connu des lendemains d’élections plus faciles: il avait affirmé sans équivoque à Patrice Roy, de Radio-Canada, il y a quelques semaines, qu’il était impossible que Trump gagne. Il était si convaincu qu’il s’était engagé à revenir voir M. Roy pour s’excuser et à ne plus intervenir sur les élections américaines si le candidat républicain devenait président des États-Unis. Au lendemain de la victoire de Donald Trump, cet extrait vidéo circule sur les réseaux sociaux.

Rejoint par TC Media, M. Jacob regrette d’avoir été aussi catégorique. «J’aurais dû dire: “À moins qu’il y ait l’équivalent d’une bombe nucléaire politique, c’est Clinton qui va gagner”». Selon lui, «ce qui s’est passé hier, c’est une surprise comme on n’en a jamais vue de notre vivant. Il n’y avait aucun indicateur solide, fiable, réputable, qui pointait vers le résultat qu’on a eu hier.» M. Jacob évoque les sondages qui donnaient Hillary Clinton gagnante, les données préliminaires du vote par anticipation qui allaient dans le même sens, de même que les modèles statistiques des Républicains eux-mêmes qui prédisaient la victoire de la candidate démocrate. «Ce n’est pas que la prédiction était mauvaise, c’est la façon que j’ai utilisé pour le dire.»

«C’est pas pour me déresponsabiliser, mais oui, les sondages se sont gourés comme on n’a jamais vu ça et les sondeurs américains ont un sacré mea culpa à faire.» – Rafael Jacob, analyste politique et chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand

D’après M. Jacob, il est impossible pour l’instant d’expliquer la victoire de Trump tant la surprise de son élection est grande. Il affirme que le prochain président des États-Unis a mieux performé que Mitt Romney, le candidat républicain défait en 2012, au niveau du vote afro-américain, asiatique et hispanique, malgré les propos controversés de Trump sur les Mexicains. Il avance, avec prudence, que le message de Trump, «populiste, protectionniste, nationaliste, est allé chercher un électorat très spécifique auquel personne ne s’adressait depuis longtemps. Il est allé faire le plein de façon époustouflante dans des régions délaissées, des régions où le parti démocrate avait la cote dans les années 1980, quand il était le champion de la classe moyenne, des travailleurs et des cols bleus.»

Questionné à savoir s’il respectera sa promesse de ne plus intervenir au sujet des élections américaines, l’analyste se fait prudent. «Je vais avoir besoin de réflexion. Je suis allé dans l’hyperbole. C’est un privilège d’avoir un micro et à ce moment là, je m’en suis mal servi.» M. Jacob doit faire une apparition télé ce soir avec Patrice Roy.

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