La serre des Fermes Lufa profite des 31 000 pi2 qu'elle occupe sur le toit d'un immeuble d'Ahuntsic pour cultiver pas moins de 120 variétés de légumes.

La jeune entreprise montréalaise Les Fermes Lufa, qui a construit une immense serre de 31 000 pieds carrés sur le toit d’un immeuble d’Ahun­t­sic, distribue ses premiers légumes aux consommateurs cette semaine. Des aubergines bien violacées, de la laitue goûteuse, de la roquette piquante, des tomates cerises sucrées, de la coriandre parfumée: voilà notamment ce que peuvent trouver les quelques centaines de personnes qui ont commandé un panier de légumes par le site internet de la compagnie.

Ces légumes, cultivés sur le toit d’un édifice d’Ahuntsic à Montréal, sont prêts quelques mois avant les légumes cultivés de manière traditionnelle. Et maintenant que les Fermes Lufa ont commencé leur production, les con­sommateurs pourront recevoir des légumes locaux tout au long de l’année. Mohamed Hage souhaite même pouvoir offrir des fraises à ses clients l’hiver prochain.

En vidéo: Visite guidée de la serre avec Mohamed Hage

 

Il a fallu quatre années à Mohamed Hage et son équipe pour élaborer et construire le prototype de la première serre commerciale sur un toit. Mais pourquoi sont-ils les premiers à le faire, alors que l’idée semble si logique?

«Parce que c’est un projet très compliqué, explique le fondateur. Le plus grand défi était de réunir les différents professionnels nécessaires à l’élaboration de ce projet: les agronomes, les ingénieurs, les architectes, les avocats, les compagnies d’assurances, les institutions financières… C’est pour cette raison qu’on n’en trouve pas sur tous les toits de Montréal.»

S’ils sont les premiers,  le jeune président de la compagnie souhaite ardemment qu’ils ne soient pas les derniers. «Trouver d’autres toits, c’est un grand défi. On n’a pas encore montré qu’on pouvait reproduire le modèle. Une serre, c’est cute, mais ce n’est pas la solution. Un modèle qu’on peut reproduire dans d’autres villes, sur d’autres toits, ça, c’est une solution», dit M. Hage, qui s’affaire à trouver des toits sur lesquels installer d’autres serres.

Une douzaine de personnes s’affairent quotidiennement dans la serre. «La plupart des gens qui
travaillent ici ont une expérience en biochimie, en agronomie ou en biologie. Pour eux, c’est un peu une façon de comprendre les nouvelles technologies et les méthodes de production, qui sont différentes de celles employées dans les autres serres. Nous utilisons, par exemple,  la recirculation de l’eau.»

C’est du domaine de l’informatique qu’est issu le président des Fermes Lufa. Inusité, non? «Il y a plus d’informatique dans cette serre que dans une compagnie d’informatique, s’exclame-t-il. On ne pourrait pas atteindre les mêmes objectifs de performances environnementales si on n’intégrait pas les nouvelles technologies. Parce qu’on est sur un immeuble, on peut produire avec deux fois moins d’énergie qu’un producteur au sol, mais c’est grâce à nos ingénieurs et à nos architectes qu’on a pu construire cette serre sur un toit.»

Un fonctionnement responsable
L’entreprise, grâce à diverses innovations techniques, souhaite cultiver de manière responsable et durable.

  • Eau

En plus d’utiliser l’eau de la ville qu’elles traitent à l’oxygène, Les Fermes Lufa récupère l’eau de pluie à l’aide d’un système de gouttières pare-chocs et s’en sert pour irriguer les plantes. L’excédent d’eau est ensuite réutilisé.

  • Énergie

Le fait que la serre se trouve en ville et sur le toit d’un immeuble la rend beaucoup moins énergivore. La chaleur nécessaire provient principalement du soleil et de l’immeuble en dessous. La méthode de distribution, qui implique directement le consommateur, fait en sorte que la pollution liée au transport est presque inexistante. L’entreprise croit «être capable de cultiver et de distribuer des légumes de haute qualité en utilisant la moitié de l’énergie employée par les cultivateurs et les distributeurs traditionnels».

  • Produits chimiques

Bien qu’ils ne soient pas certifiés biologiques, les légumes sont cultivés sans herbicides, sans pesticides et sans fongicides.Ce sont les insectes qui ont la tâche d’éloigner les pucerons et les autres insectes nuisibles. Les bourdons, quant à eux s’occupent
de la pollinisation.

Les Fermes Lufa
Pour des infos ou pour s’inscrire : www.lufa.com

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