C’est aux hôtels de l’aéroport qu’il se vole le plus de voitures et autour des universités de Montréal et de McGill qu’on trouve des pics d’entrées par effractions. Pour les vols avec violence, attention aux alentours du parc Émilie-Gamelin et du square Cabot. Voici le genre d’informations désormais disponibles depuis que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) rend publiques certaines données sur la criminalité par l’intermédiaire du portail de données ouvertes de la Ville de Montréal. Zoom sur trois types de crimes.

1-Vols de voitures
Chaque année, près de 4000 véhicules sont volés à Montréal. Parmi les endroits chauds: plusieurs stationnements de longue durée d’hôtels situés autour de l’aéroport. Le SPVM y a enregistré près de 250 vols de voitures durant les 12 derniers mois. Ce sont les hôtels le long de l’A520 qui sont le plus à risque. «Ce sont souvent des VUS ou des véhicules de luxe laissés par des clients de l’aéroport le temps de leurs vacances. On a arrêté cinq personnes le 18 avril», explique Miguël Alston, chef du poste de quartier (PDQ) no7. Il explique que c’est un phénomène récurrent et qu’il travaille avec les hôtels pour qu’ils renforcent la sécurité en prêtant notamment une barre de volant à leurs clients pour sécuriser les autos à risque. L’autre secteur sensible se trouve rue Sherbrooke Est, dans le quartier Mercier. On y trouve le stationnement incitatif Radisson de l’Agence métropolitaine de transport ainsi que celui de la Place Versailles. Là-bas, 31 vols de voitures ont été recensés au cours de la dernière année. La présence de grands stationnement et la proximité d’une voie rapide favorisant la fuite font partie des critères de choix pour les voleurs, indique le SPVM.

2-Entrées par effraction
Chaque mois, le SPVM enregistre environ 900 entrées par effraction sur l’île. Le secteur le plus sensible est le ghetto McGill (sud-ouest du Plateau), avec plus de 210 de ces méfaits en 2016, suivi du secteur de l’Université de Montréal (125 méfaits). On y trouve des centaines de logements d’étudiants généralement bien pourvus en matériel électronique. «Dans 25% des cas, il s’agit d’une porte ou d’une fenêtre débarrée», mentionne Benoit Amyot, chef de division au PDQ 38, dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, qui compte faire de la sensibilisation l’été prochain. Même si le taux de résolution de ce genre de crime est faible, son équipe a effectué trois arrestations depuis décembre dans le secteur McGill. Si ce type de crime est réparti partout sur l’île, la rue Bannantyne, dans l’arrondissement de Verdun se distingue avec 49 entrées par effraction sur à peine 1,5km.

 

 

La cartographie du Bureau de la ville intelligente permet de quantifier localement les crimes. (cliquez ici)

3-Vols avec violence
Il a eu, en 2016, environ 1700 vols qualifiés Cette catégorie comprend les vols de sacs à main, les vols sur des personnes avec violence ou menace et le braquage de commerces ou de fourgons blindés. La rue Sainte-Catherine est la plus touchée, étant aussi la plus achalandée. Le secteur du parc Émilie-Gamelin, dans le centre-ville, sort du lot avec une quarantaine de vols qualifiés en 2016. «Un gros pourcentage des cas sont des ventes de drogue qui tournent mal», mentionne Mohamed Bouhdid, inspecteur au PDQ 21. Il ajoute qu’une équipe travaille presque exclusivement dans ce secteur. Les alentours du square Cabot suivent, avec 21 cas. Le chercheur en criminologie Rémi Boivin félicite la Ville pour son initiative de cartographier des données sur la criminalité. Cependant, le manque relatif de précision dans la localisation des crimes – qui est destiné à respecter la vie privée – peut selon lui donner lieu à des erreurs d’interprétation. «Avec la carte, on n’est pas capable de dire si les vols qualifiés perpétrés dans le secteur Émilie-Gamelin ont été commis dans le parc et ses alentours ou alors dans le métro Berri-UQAM, qui est situé juste en dessous», illustre-t-il.


L’abc des données

Cartographier des données du crime au coin de rue près n’est pas chose aisée, comme pour les données rendues publiques depuis quatre ans d’ailleurs. Il a d’abord fallu s’assurer que l’engagement politique du maire de Montréal Denis Coderre serait suivi dans les différentes directions. «Il a ensuite fallu créer un cadre administratif avec entre autres un comité qui arbitre les cas d’exemptions qui peuvent être invoqués pour des questions de sécurité ou de vie privée», indique Harout Chitilian, l’élu chargé du dossier de la ville intelligente. Du personnel technique a été embauché pour sensibiliser les employés de la Ville et valoriser les données. Au-delà de la culture à changer, l’autre grand défi est d’ordre technologique. Il faut notamment extraire les différentes données, les rendre anonymes et les géolocaliser (latitude et longitude) à partir d’une simple adresse pour pouvoir créer des cartes. «À terme, ont veut automatiser le processus au complet pour accélérer la mise à jour des données et on aimerait proposer une plateforme unique de visualisation pour toutes les données publiques de la Ville», fait savoir l’élu.

Avec Dominique Cambron-Goulet

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