Photo: TC Media – Marilyne Demers L'entreprise Pavages d'Amour s'est retrouvée sous les projecteurs à la suite de la publication, le 17 décembre, d'une vidéo montrant une chenillette pliant un poteau de signalisation.

Après avoir résilié deux contrats de déneigement avec la firme Pavages d’Amour, la Ville de Montréal a promis de sévir contre ses contractants qui ne réaliseront pas les services prévus. Mais dans les faits, pour l’instant, ce n’est pas toujours le cas.

«Lorsqu’on donne des contrats, on s’attend à des résultats et à ce que [les entreprises privées] respectent les demandes de la Ville», a indiqué la responsable des services aux citoyens, Anie Samson, mercredi matin, au cours d’une séance du comité exécutif. Cette dernière a haussé le ton après les controverses suscitées cet hiver par Pavages d’Amour.

Cette entreprise, qui débutait la première année d’un engagement de cinq ans pour s’occuper du déneigement dans l’arrondissement du Sud-Ouest, vient de voir ses deux contrats être officiellement résiliés. Près de 1200 plaintes de citoyens avaient été déposées contre elle. Des bancs, des bornes d’incendie, des poubelles et des poteaux de signalisation ont également été endommagés, a rapporté l’administration municipale, qui a également constaté de tels dommages dans Ahuntsic-Cartierville.

Une liste pour les entreprises décriées
Malgré la rupture de ces contrats, Pavages d’Amour n’est pourtant pas encore inscrite sur la «liste grise» de l’administration et continue de faire des affaires avec l’administration municipale, mais dans le domaine des travaux de voirie. La semaine dernière, un contrat de 1,9M$ lui a été accordé.

Une situation qui déplaît à Projet Montréal. «Il n’est pas normal qu’une entreprise qui se voit retirer des contrats pour une qualité de travail insatisfaisante ne se retrouve pas sur cette liste de la Ville. L’administration envoie encore une fois le message comme quoi elle ne prend pas au sérieux la qualité des travaux et des services publics», a déploré Sylvain Ouellet, conseiller de l’opposition officielle.

«Il y a des conséquences lorsqu’on n’est pas satisfait» – Denis Coderre, maire de Montréal

Cette liste grise, créée début 2016, répertorie les firmes ayant eu un rendement insuffisant. Ces compagnies peuvent néanmoins répondre aux appels d’offres publics, mais les élus ont le pouvoir de refuser l’octroi d’un contrat au plus bas soumissionnaire si celui-ci y est répertorié.

«Puisqu’on vient de résilier les contrats de Pavages d’Amour, le processus d’évaluation va débuter, a expliqué l’élu Lionel Perez, responsable des infrastructures à la Ville. Mais il est difficile de croire qu’ils n’auront pas un rendement insatisfaisant. Si c’est le cas, et on va respecter le processus, il y aura des conséquences.»

Le Groupe TNT sanctionné
Le 12 avril dernier, le Groupe TNT a quant à lui été placé sur cette liste après avoir cumulé de nombreux retards dans des travaux de voirie l’an passé. Pourtant, quelques jours plus tard, la Ville lui a octroyé un contrat de plus de 11M$, dans un autre domaine.

Ce mercredi, cette même compagnie vient de se faire refuser un contrat de 6,1M$ pour un programme de planage et de revêtement dans les arrondissements d’Anjou, de Montréal-Nord et de Saint-Léonard. Malgré que son offre soit la plus basse, la Ville a décidé de confier cet investissement à un autre soumissionnaire, Eurovia Québec, qui a proposé la somme de 6,35M$.

«C’est pas compliqué, il faut être cohérent, a clamé le maire de Montréal, Denis Coderre. Il y a des gens qui ont des devoirs à faire. Pour l’ensemble des contractants, ils vont comprendre qu’il doivent aussi assurer un bon service. C’est l’argent des contribuables, on est là pour protéger l’intérêt des Montréalais.»

Contacté par Métro, le Groupe TNT, qui explique maintenir «un dialogue constructif» avec la Ville, s’est dit «perplexe» par cette décision. «Bien que nous adhérons aux objectifs poursuivis par la Ville de Montréal, nous croyons qu’une telle approche entrave une saine concurrence et contribue à affaiblir nos meilleures entreprises d’ici, a indiqué le président de l’entreprise, Stéphane Gauthier, par courriel. C’est donc une décision qui ne sert pas au mieux les intérêts de la Ville, ni ceux de ses citoyens, puisqu’elle a un impact direct sur les coûts des travaux effectués et sur l’équilibre précaire entre l’offre et la demande.»

Qu’est-ce que la liste grise?
Cette liste répertorie les entreprises privées ayant un rendement insuffisant.
-Depuis début 2016, une analyse est effectuée à l’issue de tous les contrats de plus de 100 000$ liant une firme et l’administration publique.
-Une compagnie y figure durant deux ans si elle obtient une note de moins 70%.
-Groupe TNT et Qualivac sont les deux seules firmes inscrites à ce jour.

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