Zaraté & Lavigne

L’avenir de l’autopartage passe notamment par les voitures sans chauffeur, un meilleur maillage avec le transport en commun et de réelles politiques incitatives. Voici certains des enjeux qui seront abordés à la conférence annuelle de la Car Sharing Association qui se tient à Montréal, jeudi et vendredi. États des lieux en trois coups de volant.

1-Rêver
Les architectes du cabinet Zaraté & Lavigne et du collectif Escargo, gagnants du concours d’idées Morphopolis 2017, ont imaginé une ville où certains axes seraient exclusivement parcourus par des autos électriques sans chauffeur, les Éoles. Ces dernières seraient commandées par téléphone intelligent et stockées dans des tours de stationnement automatisées. Les façades de chaque stationnement seraient aussi des zones de production agricole verticale, fournissant chacune des mini-épiceries implantées au rez-de-chaussée. Les axes de circulation choisis permettraient de relier tous les parcs entre eux au moyen d’une coulée verte favorisant la biodiversité. L’hiver, des pistes de ski de fond y seraient aménagées. «Comme les trajets se feraient sur le mode du partage, les besoins en véhicules et en stationnements seraient bien moindres. Les rues redeviendraient des sentiers», explique Laurent Roy, un des pilotes du projet.

2-Intégrer
Pour encourager le million d’adeptes de l’auto-solo à passer à un mode de transport plus durable, la métropole montréalaise devrait regarder du côté de la Finlande, selon Catherine Kargas, présidente de Mobilité électrique Canada. Là-bas, avec un seul paiement mensuel, les abonnés du transport en commun ont droit à trois formules de prix qui permettent d’obtenir un certain nombre de kilomètres en taxi ou des journées de location d’auto. «Plus la formule est simple, plus ça encouragera les gens à l’adopter et à délaisser leur auto», explique-t-elle. Reste à créer une plateforme permettant de jumeler et payer tous ces services qui fonctionnent actuellement de façon indépendante. Selon Vincent Dussault, responsable du transport à la Coop carbone, «l’arrivée du paiement électronique par téléphone intelligent devrait permettre d’accélérer le mouvement et même de permettre la modulation des tarifs en fonction de l’heure ou du kilométrage parcouru».

3-Faciliter
Le covoiturage, l’autopartage et le taxi encaissent trop de bâtons dans les roues de la part des autorités et quasiment pas de subventions de leur part, déplore Sydney Ribaux d’Équiterre, qui présentera à la conférence une étude réalisée à Montréal, Vancouver et Toronto. Pourtant, avec le transport en commun, ce sont des maillons essentiels d’une perspective de diminution du parc automobile, source de pollution et de congestion. Ce que les spécialistes appellent la mobilité partagée. Alors qu’il n’y a quasiment aucune restriction à l’utilisation de l’auto-solo, l’étude mentionne que le déploiement de l’auto en libre-service est restreint au centre-ville par décision municipale. Quant au covoiturage, il est freiné par des limites tarifaires provinciales (pas plus de 43¢/km de facturation) qui empêchent le déploiement d’une plateforme de transaction. «La règlementation actuelle nuit aussi à l’avenir du taxi», souligne M. Ribaux.

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